Villepin confronté à ses premiers manifestants

le 08 septembre 2005 à 15h54 , mis à jour le 08 septembre 2005 à 22h26

Dominique de Villepin est allé jeudi, son 100e jour à Matignon, à la rencontre de manifestants lors d'un déplacement à Beauvais, affirmant "apporter des réponses" à leurs inquiétudes. Il a aussi invité chacun à "se concentrer sur l'essentiel", sans "s'égarer dans des batailles stériles".

villepin_100jours_manifestants

Ce jeudi marquait pour Dominique de Villepin le cap symbolique des cent jours à Matignon. Cent jours au cours desquels il s'était engagé à permettre aux Français de retrouver la confiance. Ce 8 septembre a été salué comme il se doit du côté des politiques, au sein de l'UMP par des diagnostics encourageants, et au sein de la plupart des autres formations par des marques de méfiance renouvelées (lire : Ils jugent les "100 jours"). Mais c'est de la part de manifestants, rencontrés par le Premier ministre alors qu'il visitait un lycée professionnel à Beauvais, que sont venues les questions les plus directes.

Arrivé à l'Hôtel de Ville de Beauvais, où une centaine de manifestants de la CGT, de la FSU et de l'UNSA scandaient "Villepin, 100 jours, ça suffit !", le chef du gouvernement, qui achevait sa visite, s'est dirigé vers la petite foule retenue par une barrière métallique. "22% de personnes en plus en-dessous du seuil de pauvreté, c'est un scandale, c'est cela les résultats de votre politique !", a lancé Maryse Breton, militante CGT, avec laquelle il a engagé la conversation, tandis que d'autres l'interpellaient sur le logement, le contrat nouvelle embauche ou "l'essence à 1,50 euro pour les salariés". "Je suis pour le dialogue, je suis toujours prêt à parler. Les ordonnances, elles se sont faites dans le dialogue (..) Je retiens votre message. Je serai ravi d'approfondir cette discussion avec tous ceux qui vous représentent", a répliqué le Premier ministre.

Le "venin du doute"

Répondant sur le prix de l'essence, il a noté, devant des interlocuteurs sceptiques : "eh bien, nous l'avons dit, nous avons fait en sorte de créer le ticket transport". Il a évoqué aussi la prime à la cuve de 75 euros que le gouvernement a décidé de verser aux foyers non imposables se chauffant au fuel. "Avec 75 euros, on va se loger combien de temps ?", lui a demandé une manifestante. "Arrêtez d'aider les patrons (...) Vous n'écoutez pas les syndicats", ont poursuivi des militants syndicaux. Interpellé sur les bénéfices du groupe Total, Dominique de Villepin a riposté : "Nous avons engagé une négociation avec eux. On les a amenés à apporter leur contribution ! (...) Vous voyez, sur tous ces points, on apporte des réponses. Merci d'être là !"

Dans le même effort de convaincre... dirigé, cette fois, vers les politiques, le Premier ministre avait peu auparavant, à l'occasion de sa visite, invité chacun à "se concentrer sur l'essentiel" sans "s'égarer dans des batailles stériles", en évoquant ses cent jours à Matignon. "La clé, ce n'est pas la polémique, la surenchère, c'est la réponse aux préoccupations de nos concitoyens", avait-il ajouté. Dominique de Villepin a expliqué que son gouvernement était animé par "un esprit de combat, au service de nos concitoyens". "Même si certains veulent distiller au quotidien un certain venin du doute, imaginant qu'ambitions, rivalités, querelles puissent être inévitablement le lot habituel des dirigeants (...) il n'y a pas d'autre stratégie qu'une stratégie pour la France !", a-t-il martelé.

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin, jeudi, face aux manifestants à Beauvais - DR

le 08 septembre 2005 à 15:54
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3 Commentaires

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  • Lg, le 08/09/2005 à 18h36

    La premiére election sera peut-être la bonne, quel grandes victoires d'être elu à Neuilly.

  • Philippe, le 08/09/2005 à 18h18

    Notre Premier Ministre persévère dans le langage creux en déclarant : "il n'y a pas d'autre stratégie qu'une stratégie pour la France". Je comprends que N. Sarkozy préfère faire de la politique "autrement" : il est grand temps !

  • George, le 08/09/2005 à 18h01

    Jamais le "proverbe" : "Tout beau, tout nouveau!" n'a été aussi vrai. Dominique de Villepin profite d'un pseudo-état de grâce et tout le monde se jette autour de lui et le proclame déjà comme concurrent de Sarkozy! Mais examinons donc les faits : jamais les Frnçais n'auront été aussi pessimistes pour l'avenir! Et ce n'est pas le chômage redescendu sous la barre des 10% qui va changer la donne! Villepin ne pourra pa non plus concurrencer Sarkozy à chaque fois en proposant à chaque fois des idées. Sarkozy est libre de faire des propositions et de préparer son programme tandis que Villepin doit gérer le pays et on ne fait pas des réformes essentielles à la veille d'une élection présidentielle! Villepin arrive comme un chef et il se crois capable de se présenter à l'élection présidentielle! Il n'a jamais osé affronter au moins une fois dans sa vie une élection quelconque et il se crois prêt pour l'élection de 2007! Il se mordra de toute manière les doigts car la croissance ne reviendra de toute ma nière pas et que le chômage ne diminuera pas non plus sensiblement alors, ce clown de chiraquien me fait bien rire!

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