
Ce jeudi marquait pour Dominique de Villepin le cap symbolique des cent jours à Matignon. Cent jours au cours desquels il s'était engagé à permettre aux Français de retrouver la confiance. Ce 8 septembre a été salué comme il se doit du côté des politiques, au sein de l'UMP par des diagnostics encourageants, et au sein de la plupart des autres formations par des marques de méfiance renouvelées (lire : Ils jugent les "100 jours"). Mais c'est de la part de manifestants, rencontrés par le Premier ministre alors qu'il visitait un lycée professionnel à Beauvais, que sont venues les questions les plus directes.
Arrivé à l'Hôtel de Ville de Beauvais, où une centaine de manifestants de la CGT, de la FSU et de l'UNSA scandaient "Villepin, 100 jours, ça suffit !", le chef du gouvernement, qui achevait sa visite, s'est dirigé vers la petite foule retenue par une barrière métallique. "22% de personnes en plus en-dessous du seuil de pauvreté, c'est un scandale, c'est cela les résultats de votre politique !", a lancé Maryse Breton, militante CGT, avec laquelle il a engagé la conversation, tandis que d'autres l'interpellaient sur le logement, le contrat nouvelle embauche ou "l'essence à 1,50 euro pour les salariés". "Je suis pour le dialogue, je suis toujours prêt à parler. Les ordonnances, elles se sont faites dans le dialogue (..) Je retiens votre message. Je serai ravi d'approfondir cette discussion avec tous ceux qui vous représentent", a répliqué le Premier ministre.
Le "venin du doute"
Répondant sur le prix de l'essence, il a noté, devant des interlocuteurs sceptiques : "eh bien, nous l'avons dit, nous avons fait en sorte de créer le ticket transport". Il a évoqué aussi la prime à la cuve de 75 euros que le gouvernement a décidé de verser aux foyers non imposables se chauffant au fuel. "Avec 75 euros, on va se loger combien de temps ?", lui a demandé une manifestante. "Arrêtez d'aider les patrons (...) Vous n'écoutez pas les syndicats", ont poursuivi des militants syndicaux. Interpellé sur les bénéfices du groupe Total, Dominique de Villepin a riposté : "Nous avons engagé une négociation avec eux. On les a amenés à apporter leur contribution ! (...) Vous voyez, sur tous ces points, on apporte des réponses. Merci d'être là !"
Dans le même effort de convaincre... dirigé, cette fois, vers les politiques, le Premier ministre avait peu auparavant, à l'occasion de sa visite, invité chacun à "se concentrer sur l'essentiel" sans "s'égarer dans des batailles stériles", en évoquant ses cent jours à Matignon. "La clé, ce n'est pas la polémique, la surenchère, c'est la réponse aux préoccupations de nos concitoyens", avait-il ajouté. Dominique de Villepin a expliqué que son gouvernement était animé par "un esprit de combat, au service de nos concitoyens". "Même si certains veulent distiller au quotidien un certain venin du doute, imaginant qu'ambitions, rivalités, querelles puissent être inévitablement le lot habituel des dirigeants (...) il n'y a pas d'autre stratégie qu'une stratégie pour la France !", a-t-il martelé.
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin, jeudi, face aux manifestants à Beauvais - DR
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