© DRAvec le même registre offensif et volontariste que son numéro deux, Dominique de Villepin a répondu à Nicolas Sarkozy qui, visant l'échéance de la présidentielle en 2007, a plaidé dimanche pour une "stratégie de rupture avec les 30 dernières années". Invité dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le Premier ministre a répliqué : "la plus grande rupture, elle est en train d'avoir lieu, c'est la rupture contre le chômage". Et de se féliciter de la baisse du chômage observée depuis son arrivée à Matignon en juin.
Alors que le président de l'UMP dénonce "immobilisme" et "statu quo", M. de Villepin a mis en garde contre toute précipitation, en soulignant, avec une certaine irritation: "je ne fais pas de discours, j'agis". "Ne sautons pas à pieds joints sur ces 20 prochains mois !", a martelé M. de Villepin. Plus tranchant que d'ordinaire, il s'est aussi posé en rassembleur de la majorité en affirmant qu'il "réconciliait tout le monde". "J'agis avec Nicolas Sarkozy", a-t-il toutefois aussitôt ajouté, toujours soucieux de ne pas alimenter, au moins en public, la rivalité avec le deuxième homme fort du gouvernement.
Résolument "pragmatique"
Le Premier ministre, qui était venu faire le service après-vente de son plan de "croissance sociale", s'est voulu une nouvelle fois résolument "pragmatique", réfléchi mais aussi déterminé et ferme. "J'affirme (..) Je vais vous expliquer", a-t-il plusieurs fois lancé en chef du gouvernement à l'autorité bien assise. "Ne confondons pas vitesse et précipitation", a-t-il encore lancé. "S'il y a des meilleures idées que les miennes, croyez-moi je les appliquerai", a-t-il promis, alors que Nicolas Sarkozy doit présenter dans les prochains jours ses propositions sur la fiscalité et l'Europe.
Dominique de Villepin a réaffirmé l'engagement de la France à réduire ses déficits publics sous le seuil des 3% conformément aux critères de Maastricht. "Nous ferons tout pour tenir nos engagements. Cela veut dire que nous continuerons notre effort dans le domaine de la dépense publique avec le souci de recentrer cette dépense sur ce qui est le plus nécessaire à la vie du pays", a dit le Premier ministre. Il a confirmé l'annulation de quatre milliards de crédits dans le cadre de cet effort.
Le Premier ministre a déclaré souhaiter une croissance "la plus proche de 2%"en 2005 et "au-delà" de 2% en 2006. "Nous avons dit pour cette année une croissance entre 1,5 et 2% et nous la voulons la plus proche de 2% et je pense que tous les efforts que nous donnons peuvent y contribuer", a-t-il déclaré. "Nous bâtirons une hypothèse le moment venu" pour 2006. "Ce que je souhaite, c'est que cette croissance puisse être au-delà de 2% parce que j'estime que c'est aujourd'hui ce que mérite la France. C'est dans sa main et dans ses capacités", a-t-il souligné.
Des spéculations sur 3ème mandat de Chirac "hors de proportion" |
Le Premier ministre Dominique de Villepin a déclaré dimanche que les "spéculations politiques" sur les chances d'un troisième mandat de Jacques Chirac étaient "hors de proportion" et "déconnectées de la réalité d'aujourd'hui". "Un pépin de santé, on peut l'avoir à 35 ans, on peut avoir un double pontage à 50 ans, et vous pouvez avoir un léger problème de vision à 72 ans. Il ne s'agit pas aujourd'hui de spéculer sur les choses, il s'agit pour le Président de la République, partant de cet incident, de se rétablir rapidement", a-t-il déclaré lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. |
(Dominique de Villepin sur LCI dimanche/DR)
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