
Arrivé à l'échéance de ses 100 jours à Matignon, Dominique de Villepin a annoncé jeudi la deuxième phase de son action gouvernementale. Action dont, invité jeudi soir du 20 heures de TF1, il a précisé la ligne directrice face à Patrick Poivre d'Arvor.
Interrogé en premier lieu sur une certaine image de la France qui souffre et se décourage, le Premier ministre a commenté : "C'est la tentation, et je la comprends ; le sentiment que rien ne change, qu'il y a dans notre pays trop de blocages... Et c'est face à cela que je veux réagir." Ainsi, face aux "angoisses" des Français, il faut "agir, ne pas se résigner" et "se rassembler". "Les Français sont las des divisions, las des querelles, las des éternelles mêmes critiques", a-t-il insisté. "Il faut déplacer les lignes, se soucier du résultat et nous avons 20 mois pour offrir aux Français des vrais résultats qui vont conforter notre démocratie à la veille des grandes élections".
"Ne laissons personne sur le bord de la route"
Pour retrouver la confiance, plusieurs choix ont été faits, a souligné le Premier ministre. "Premier choix : le choix de l'activité. Il faut dans notre pays que le travail paye (...) Deuxième choix : le choix du pouvoir d'achat (...) Troisième choix : le choix de l'investissement public". Concernant la croissance, qui suscite les inquiétudes : "Il y a de la croissance, nous serons dans une croissance entre 1,5 et 2%", a-t-il assuré. "Ce que nous voulons, c'est la fortifier ; et pour la fortifier il faut se mettre tous ensemble. Quand nous relançons l'investissement public, quand nous mettons 10 milliards d'euros pour relancer les travaux d'infrastructures à la fois ferroviaires et routières, nous dynamisons cette croissance (...) N'attendons pas que la croissance vienne toute seule : nous le savons, il faut nous retrousser les manches".
Résumant alors la philosophie de son gouvernement, le Premier ministre a martelé : "Je veux une France où nous ne laissons personne sur le bord de la route". Et il s'est dit prêt à une politique destinée à "allier dynamisme économique et justice sociale". Dans tous ces choix, a-t-il insisté, "croyez bien que je ne sors pas du rôle qui est le mien. Je suis chef d'un gouvernement rassemblé, j'agis dans les 20 mois qui sont ceux de l'action gouvernementale et j'entends bien, le jour où je quitterai Matignon, avoir contribué à la remise en ordre, la remise d'aplomb, la remise en marche de ce pays". Le Premier ministre s'est dit "soucieux d'avancer avec l'expérience du président de la République, avec le choix très fort qu'il a fait pour le pays".
"Je n'ai aucune ambition présidentielle"
Interrogé alors sur ses ambitions - et sur ses rapports avec Nicolas Sarkozy - Dominique de Villepin a souligné que le ministre de l'Intérieur avait fait "le choix courageux d'entrer dans le gouvernement à un moment difficile". Parallèlement à la tête de l'UMP il a "un rôle d'aiguillon, de proposition". Et sur un plan personnel : "Je n'ai aucune ambition présidentielle, puisque je suis tout à la mission qui m'a été confiée", a affirmé Dominique de Villepin. Au gouvernement, "nous n'avons qu'une ambition, c'est de servir les Français". Le Premier ministre a observé que sa mission était celle "d'un chef de gouvernement consacré entièrement à sa tâche et qui a pu méditer pendant de nombreuses années sur le destin de ceux qui, à un moment donné, se sont trompés de chemin alors même qu'ils étaient à Matignon".
L'intervention de Dominique de Villepin a également été marquée par le drame qui frappe le Sud des Etats-Unis. Interrogé sur ce que la France peut et compte faire pour aider les victimes, le Premier ministre a une nouvelle fois assuré tous les Américains frappés de "la solidarité et de l'amitié de la France", en rappelant : "nous disposons de moyens de sécurité civile qui sont basés dans les Antilles. Nous sommes prêts à apporter notre concours aux Américains ; c'est ce que nous leur avons dit."La France offre son aide aux Etats-Unis
Photo d'ouverture : le Premier ministre sur le plateau du 20 heures de TF1 - DR
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