© INTERNEDeux journalistes de l'Equipe ont été mis en examen mercredi, et trois journalistes du Point jeudi, selon des sources judiciaires et proches du dossier, suite à l'enquête sur un trafic présumé de produits dopants au sein de l'équipe cycliste Cofidis. Les journalistes du Point "ont fait, et bien, leur travail. Cette procédure est une atteinte à la liberté de la presse", ont aussitôt dénoncé les avocats de l'hebdomadaire, Maîtres Renaud Le Gunéhec et Xavier Normand-Bodard. Indignation bientôt relayée par le Forum permanent des sociétés de journalistes, dénonçant une "dérive" très inquiétante", ainsi que par RSF "scandalisée", et par l'Union syndicale des journalistes sportifs de France.
"Les enquêteurs cherchent les sources et ne les ont pas trouvées. C'est l'essentiel pour nous. Mais comme ils ne ramènent rien dans leurs filets, ils ramènent des journalistes", a estimé une source proche des rédactions concernées. Selon la même source, les journalistes des deux journaux ont été placés sur écoutes par l'Inspection générale des services (IGS, police des polices), chargée de l'enquête. Interrogé par l'AFP, le parquet de Nanterre n'a ni confirmé ni infirmé cette information.
Rappel des faits
Le parquet de Nanterre avait ouvert début 2004 une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction dans l'affaire de trafic présumé de produits dopants au sein de l'équipe cycliste Cofidis. Cette ouverture d'information faisait suite à un article du Point paru le 22 janvier 2004, dans lequel était publiée l'intégralité des transcriptions d'écoutes téléphoniques de coureurs et soigneurs de Cofidis, puis à la publication dans l'Equipe, le 9 avril 2004, de larges extraits des procès-verbaux d'audition de plusieurs coureurs de Cofidis. En janvier 2005, des perquisitions avaient été menées dans les locaux du Point et de l'Equipe, ainsi qu'aux domiciles des deux journalistes du quotidien sportif mis en examen mercredi, entraînant des saisies de disques durs d'ordinateurs et d'agendas.
Concernant l'affaire Cofidis elle-même, le juge d'instruction Richard Pallain a clos son instruction en août. Neuf personnes au total ont été mises en examen pour "infraction à la législation sur les produits stupéfiants et infraction à la législation sur les substances vénéneuses". Il s'agit de sept coureurs ou ex-coureurs : Massimiliano Lelli, David Millar, Philippe Gaumont, Robert Sassone, Médéric Clain, Marek Rutkiewicz et Daniel Majewski, d'un soigneur, Boguslaw Madejak, et du directeur sportif d'une formation de 3e division, Oleg Kozlitine.
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