L'attitude des industriels pointée du doigt

le 25 octobre 2005 à 15h20 , mis à jour le 25 octobre 2005 à 15h41

Selon des sénateurs communistes, la mission d'information du sénat sur l'amiante s'apprête à faire le constat d'une "stratégie délibérée" des industriels pour "retarder le plus longtemps possible l'interdiction de ce produit" en France.

Pot d'amiante © INTERNE

La mission d'information du Sénat sur l'amiante a fait le constat d'une "stratégie délibérée" des industriels pour "retarder le plus longtemps possible l'interdiction de ce produit" en France. C'est ce qu'ont indiqué mardi les sénateurs communistes membres de la mission. Les élus PCF se sont abstenus lors du vote du rapport de la mission d'information sur l'amiante, adopté le 19 octobre. Le rapport doit être présenté mercredi à la presse.

"Ce rapport rend bien compte d'une stratégie délibérée des industriels qui s'étaient organisés (...), de manière extraordinairement efficace, pour éviter le plus longtemps possible l'interdiction de ce produit", a déclaré le sénateur communiste Roland Muzeau. "Le rapport souligne également que ce drame était évitable (...), établit la négligence des pouvoirs publics, et réfute la thèse de la responsabilité collective 'Tous coupables, tous responsables'" dans le dossier de l'amiante, a-t-il ajouté. M. Muzeau présentait, en compagnie de l'ancienne ministre Michelle Demessine et du vice-président du Sénat Guy Fischer, les motivations qui ont conduit le groupe PCF à s'abstenir lors du vote de ce rapport.

Mise en place à l'initiative de la commission des affaires sociales, la "mission commune d'information sur le bilan et les conséquences de la contamination par l'amiante", a commencé ses travaux en février. Composée de 28 sénateurs, elle est présidée par le sénateur-maire UDF d'Arras Jean-Marie Vanlerenberghe.

100.000 morts annoncés

Mme Demessine a vu dans le rapport "la prise en compte politique" d'un drame humain à l'origine de 3.000 décès par an et quelque 100.000 morts annoncés en France. Le groupe PCF s'est toutefois abstenu de le voter parce qu'"il laisse dangereusement croire que d'autres acteurs de l'industrie, par exemple les syndicats et les salariés eux-mêmes, n'auraient pas eu une attitude irréprochable face aux risques".

Ce rapport "est étrangement sourd à l'exigence de justice" à l'égard des victimes de l'amiante, a regretté M. Muzeau. Selon le sénateur, la mission a proposé de fixer à 30% (contre 15% actuellement) la contribution de l'Etat au financement du FCAATA (Fonds de cessation anticipé d'activité pour les travailleurs exposés à l'amiante). Le groupe communiste déposera une proposition de loi reprenant les 40 préconisations de ses représentants au sein de la mission d'information.

le 25 octobre 2005 à 15:20
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