© TF1Un enfant qui absorbe des médicaments, une personne âgée qui tombe à l'appel du téléphone, un homme qui se blessé avec son motoculteur, un bricoleur qui l'électrocute en changeant une ampoule... Les accidents de la vie domestique font 12.000 morts chaque année. 20.000 si l'on tient compte de la pratique des sports et des loisirs. C'est deux fois plus de décès que les accidents de la route. Face à ce fléau ignoré, la Fnath, "association des accidentés de la vie", organise à partir de lundi et pour toute la semaine une vaste campagne nationale de prévention et d'information sur ces accidents.
Les enfants au premier rang des victimes
"Les accidents de la vie domestique sont une catastrophe oubliée, une hécatombe silencieuse car les pouvoirs publics et l'opinion n'en parlent pas. Il n'y a pas de grande campagne, ni de délégation interministérielle comme pour les accidents de la route", déplore le président de la Fnath, Marcel Royez. Et pourtant, trois Français sur quatre méconnaissent la réalité des dangers domestiques, selon un sondage Fnath/TNS Sofres auprès de 1.000 personnes. Les personnes interrogées continuent de penser que les accidents de la route sont les plus dangereux (5.443 décès en 2004, soit deux à trois fois moins). "Plus de neuf Français sur dix (92%) placent les enfants au premier rang des victimes, alors que les personnes âgées sont les plus directement concernées par ces accidents", ajoute la Fnath.
Face à cela, la Fnath "demande au gouvernement de décréter 'grande cause nationale' la lutte contre les accidents domestiques". En vrac, l'association demande "des anti-dérapants sous les tapis, des détecteurs d'incendies dans les logements, le développement de l'apprentissage des gestes qui sauvent", ainsi que d'"apprendre à nos concitoyens à mettre des produits dangereux en hauteur".
"Une priorité des pouvoirs publics"
Marcel Royez demande aussi aux pouvoirs publics d'être vigilants face à certains produits dans le commerce: "Dans le bricolage, des outils pas chers ne sont pas aux normes de qualité et de sécurité. Il faudrait que l'on soit vigilant sur les tests de sécurité. C'est ce qui a fait avancer la sécurité des sièges pour enfants dans les voitures".
La campagne, qui entrera dans le cadre de l'organisation de la "première semaine des accidentés de la vie", se traduira par "200 initiatives locales de sensibilisation et de prévention partout en France", animées par "2.000 bénévoles". Parallèlement aux "conférences, actions de prévention dans les crèches, écoles maternelles, primaires, clubs de troisième âge", la Fnath mènera une action de "sensibilisation des élus et du gouvernement". La Fnath demande aussi que "l'indemnisation des victimes et leur réinsertion" soient considérées comme "une priorité des pouvoirs publics".
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