
Onze jeunes devaient être déférés dimanche soir devant le parquet de Bobigny, après trois nuits d'affrontements à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Le dispositif policier mis en place samedi soir (400 hommes) a été maintenu dimanche soir. "Il semble que le gros des problèmes soit passé, mais en la matière il est difficile de faire des pronostics", a estimé un responsable de la sûreté départementale.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé sur TF1 qu'il se rendra lundi à 11H00 à la préfecture de Bobigny et recevra dans l'après-midi les parents des deux jeunes gens électrocutés dans un transformateur EDF jeudi à Clichy en croyant fuir la police. La mort des deux jeunes est à l'origine des violences qui ont éclaté dans cette ville de la banlieue parisienne, la rumeur disant qu'ils s'étaient réfugiés là pour fuir la police.
"Ils se croyaient poursuivis...."
Invité dimanche soir du journal télévisé de 20 heures de TF1, M. Sarkozy a déclaré : "Tous les éléments (de l'enquête, ndlr) seront rendus publics". Il a affirmé qu'"en l'état actuel des éléments qui sont à (sa) disposition, les policiers ne poursuivaient pas les jeunes". "D'après l'audition du troisième jeune", qui a pu être entendu par les enquêteurs malgré ses blessures, "les trois adolescents ont pris la fuite à la vue d'un contrôle d'identité à Livry-Gargan. (...) Ils se sont cru poursuivis alors qu'ils ne l'étaient pas", avait déclaré samedi le procureur de Bobigny, François Molins.
Les 11 jeunes déférés dimanche soir, parmi les 22 placés en garde à vue vendredi et samedi à la suite de violentes échauffourées, sont poursuivis pour "violences volontaires en réunion sur agent dépositaire de la force publique avec arme par destination" et "détention d'engin incendiaire", type bidon d'essence ou cocktail molotov, selon une source policière.
Dimanche, une délégation de "grands frères" du quartier du Chêne-Pointu de Clichy, où se sont déroulés la plupart des affrontements, ont été reçus à la mairie, demandant l'allègement du dispositif policier et se proposant comme médiateurs.
Accalmie
L'avocat des familles des deux mineurs, Me Jean-Pierre Mignard, a annoncé dimanche qu'il allait porter plainte avec constitution de partie civile lundi, se demandant "pourquoi des jeunes qui n'ont rien à se reprocher" se sont sentis "suffisammment menacés pour pénétrer sur un site dangereux".
La ville de Clichy a connu une soirée plus calme samedi que les deux nuits précédentes, où s'étaient tenus des scènes de guérilla urbaine. Avec l'imposante présence policière, les affrontements se sont déportés du quartier du Chêne-Pointu vers la ville mitoyenne de Montfermeil, à la cité des Bosquets.
Environ 12 voitures ont brûlé dans le secteur. Les autorités ne déplorent aucun blessé, contrairement à la nuit précédente, durant laquelle une vingtaine de policiers avaient été visés par des projectiles, entraînant quelques interruption totale de travail (ITT) de dix jours.
Samedi matin, une marche silencieuse avait réuni dans Clichy plusieurs centaines d'habitants venus rendre hommage aux deux adolescents. Représentants religieux, associatifs et le maire lui-même avaient appelé à la "dignité" et au calme.
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