Clichy : trois jeunes condamnés à de la prison ferme

le 31 octobre 2005 à 12h23 , mis à jour le 31 octobre 2005 à 21h49

Trois jeunes hommes interpellés vendredi lors des émeutes à Clichy-sous-Bois ont été condamnés à deux mois de prison ferme, lundi à Bobigny. Nicolas Sarkozy avait auparavant réaffirmé sa "détermination totale" à lutter contre les violences urbaines.

emeutes

Trois jeunes hommes interpellés vendredi lors des émeutes à Clichy-sous-Bois ont été condamnés à huit mois de prison, dont six avec sursis, lundi à Bobigny. Les trois hommes, âgés de 25 à 27 ans, étaient poursuivis pour "violences volontaires en réunion avec armes sur agent de la force publique". Le tribunal correctionnel de Bobigny a ordonné leur incarcération immédiate. Il leur était reproché d'avoir jeté des projectiles contre des policiers au cours des échauffourées qui ont suivi la mort, jeudi soir, de deux adolescents électrocutés dans un local transformateur EDF.

Une grenade des CRS

Le tribunal n'a, en revanche, pas jugé cinq autres jeunes, soupçonnés d'avoir jeté des pierres et des mottes de terre sur des policiers, vendredi soir à Montfermeil, blessant cinq fonctionnaires, dont l'un s'est vu signifier avec une incapacité totale de travail de plus de huit jours. Leur procès a été renvoyé au 7 novembre, en raison de l'absence des policiers victimes ainsi qu'en raison du manque des casiers judiciaires de certains prévenus. Mais le tribunal a ordonné que les cinq jeunes soient placés sous mandat de dépôt, à cause du "trouble public important" qui leur est reproché.

Treize jeunes gens, sur les 19 interpellés samedi et dimanche au cours des émeutes à Clichy-sous-Bois ont été déférés lundi soir devant le parquet de Bobigny. Huit d'entre eux seront seront jugés en comparution immédiate mercredi, a précisé le procureur François Molins. Ils doivent comparaître au préalable mardi devant le juge des libertés et de la détention. Les treize personnes déférées sont toutes poursuivies pour "violences volontaires en réunion avec armes sur agent de la force publique", et certaines d'entre elles pour "détention d'engin incendiaire". Quatre autres jeunes, mineurs, comparaîtront mardi devant le juge des enfants. Un autre, majeur, sera convoqué par procès-verbal devant le tribunal, pour être jugé à une date ultérieure. Les autres jeunes gens gardés à vue ont été relâchés, a-t-on précisé de même source.

Lundi matin, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est rendu à la préfecture de Bobigny, après que la ville de Clichy eut connu dimanche une quatrième nuit de violences urbaines. Une grenade lacrymogène avait alors été lancée en direction d'une mosquée de la ville, provoquant l'indignation des fidèles et des habitants. "Il s'agit bien d'une grenade lacrymogène en dotation des compagnies d'intervention (CRS, ndlr) qui étaient sur place en Seine-Saint-Denis, ce qui ne veut pas dire que c'est un tir fait par un policier, c'est l'enquête qui le déterminera", a déclaré Nicolas Sarkozy.

"Ma détermination est totale"

Une source policière a ensuite déclaré à l'AFP que selon les "constatations faites par le laboratoire central", cette grenade avait bien été tirée par la police, mais qu'elle n'avait "pas explosé dans la salle de prière". "Elle a été envoyée en l'air à l'aide d'un fusil avec une trajectoire instable", a précisé cette source. "Ensuite, sept petits pots qui contiennent le gaz ont explosé et libéré le gaz (...) Des impacts de petits pots ont été trouvés près d'une entrée de la salle de prière, mais pas à l'intérieur".

Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé que la Seine-Saint-Denis serait le premier département dont l'ensemble des unités d'intervention de la police seraient dotées de caméras embarquées à bord des véhicules. "Que chacun comprenne que ma détermination est totale" contre le phénomène des violences urbaines, a souhaité le ministre.

La flambée de violence de dimanche, à Clichy-sous-Bois et dans des cités voisines de Montfermeil, avait commencé une heure à peine après l'intervention sur TF1 de M. Sarkozy, prônant "la tolérance zéro". Les émeutes ont suivi le décès jeudi de deux mineurs, Ziad et Banou, électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés, croyant être poursuivis par la police, à tort selon les autorités. Les familles des deux mineurs électrocutés ont refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy qui devait les recevoir lundi. Le ministre a néanmoins reçu cinq proches des deux victimes, qui se sont engagés à "dire aux jeunes de cesser les violences". (D'après AFP)

(Les émeutes ce week-end à Clichy-sous-Bois/DR)

le 31 octobre 2005 à 12:23
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