Dans la rue pour "un procès pénal de l'amiante"

le 15 octobre 2005 à 07h16 , mis à jour le 15 octobre 2005 à 21h51

Des milliers de victimes de l'amiante ont commencé à défiler samedi à Paris dans le silence. Elles réclament un "procès pénal de l'amiante". Ce matériau isolant provoque 3.000 décès par an.

[Expiré] [Expiré] manifestation amiante paris © AFP MEHDI FEOUACH

Sur la banderole de tête, cette phrase "Amiante : les empoisonneurs doivent être jugés". Plusieurs milliers de victimes de l'amiante --4.000 selon les organisateurs-- ont commencé à défiler à Paris dans le silence, samedi peu après 14H30, pour réclamer un "procès pénal de l'amiante". Ce matériau isolant utilisé massivement dans l'industrie et le bâtiment pendant des décennies avant son interdiction en 1996 provoque 3.000 décès par an.

En tête du cortège, les "Veuves de Dunkerque", venues du nord de la France, tenaient en main les photos et noms de leurs maris morts de l'amiante. Plusieurs manifestants portaient aussi des pancartes blanches sur lesquelles on pouvait lire: "Pour la justice, contre l'oubli", ou encore "Amiante : 10 morts par jour. Ni responsables, ni coupables?", ou enfin "J'ai respiré de l'amiante".

Un "tel crime"

Répondant à l'appel de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva, 15.000 adhérents), auquel la Fédération métallurgie CGT, la CFDT et la Fédération des Mutuelles de France se sont associées, les manifestants devaient défiler de la place Saint-Augustin, près de l'ancienne chambre syndicale de l'amiante, jusqu'aux abords du ministère de la Justice, place Vendôme (1er).

Ils dénoncent "la lenteur" des instructions pénales et réclament les "moyens nécessaires pour les magistrats des pôles judiciaires de santé publique" chargés d'instruire les dossiers. "On est tous conscients que le procès pénal de l'amiante ne sera pas pour aujourd'hui, ni pour demain, mais il faut continuer à se battre", a déclaré au micro, juché sur un camion, le président de l'Andeva, Michel Parigot, avant le départ du défilé. "En 1994, personne n'imaginait qu'un jour les victimes de l'amiante seraient indemnisées. En demandant ce procès, notre but c'est aussi qu'un tel crime ne se reproduise plus", a-t-il ajouté.

(PHOTO AFP/MEHDI FEDOUACH)

le 15 octobre 2005 à 07:16
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3 Commentaires

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  • Steven, le 15/10/2005 à 16h11

    Ayant consulté la loi concernant l?amiante, il me semble que, en tant que locataire d'une maison individuelle, notre propriétaire n'est pas tenue à contrôler la présence d?amiante (toute habitation sauf maisons individuelles) Alors, si c?est vrai, pourquoi les centaines de milliers de personnes qui habitent comme nous dans une maison louée ne sont pas protégé par la loi aussi ? Nous avons du flocage dans le garage et j?ai très peur que il contient de l?amiante !

  • Dan, le 15/10/2005 à 09h20

    Et combien de victimes depuis des décennies...???,alors que l'on connait les méfaits de l'amiante depuis des décennies également.....Les dégats se lisent sur les tombes des cimetières des villes, des villages des régions ou étaient implantées des usines qui traitaient l'amiante....Des familles entières plongées dans le malheur...à l'heure ou certain parle de la défense des intérêts de certaines victimes,on aimerait que tous ces gens sacrifiés ne finissent pas dans les oubliettes de notre histoire....

  • Vastre, le 15/10/2005 à 08h04

    L'amiante est un réel problème qui n'a été pris au sérieux qu'au début des années 1990, ... trop tard. La réglementation existait cependant. L'Etat, source de cette réglementation, la respectait-il (cf Jussieu) ! Il lui est désormais difficile de faire porter le chapeau aux entrepreneurs privés.

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