© INTERNEEmile Louis, condamné à la perpétuité dans l'affaire des disparues de l'Yonne, est rejugé en appel depuis ce lundi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour des viols avec tortures et actes de barbarie sur sa seconde épouse et des agressions sexuelles sur sa belle-fille, à Draguignan dans le Var entre 1992 et 1995. Dans ce "volet varois" de son parcours judiciaire, l'ancien chauffeur de car bourguignon, âgé actuellement de 71 ans, avait été condamné en première instance, le 26 mars 2004, par la cour d'assises du Var, à 20 ans de réclusion, assortis d'une peine de sûreté des deux tiers. Il avait fait appel de ce verdict.
Emile Louis s'était établi dans le Var en 1984, après avoir purgé une peine de quatre ans de prison pour attentats à la pudeur et travaillait comme porteur dans une entreprise de pompes funèbres de Draguignan. L'ancien enfant de l'assistance publique avait épousé sa seconde femme, Chantal Paradis, en avril 1992, à sa sortie de prison après une nouvelle condamnation à cinq ans pour attentats à la pudeur. Il était interpellé et écroué le 12 décembre 2000 à Draguignan dans le cadre de l'enquête sur sept jeunes filles disparues dans l'Yonne entre 1975 et 1979. Entendue dans cette enquête, Chantal Paradis révélait alors avoir été victime de viols et de sévices de la part d'Emile Louis et l'accusait d'avoir aussi abusé de sa fille, alors âgée de 14 ans, issue d'un précédent mariage.
"Pratiques sadiques"
Psychologiquement fragile, l'épouse, aux lourds antécédents dépressifs, a affirmé qu'Emile Louis lui administrait tous les vendredi soirs des potions, à base de médicaments, destinées à l'endormir, en vue de lui imposer des pratiques sadiques. Elle a notamment fait état d'entailles sous les seins en vue d'effectuer des "saignées" et d'introduction de seringues dans l'anus, ajoutant qu'elle n'aurait jamais accepté de tels traitements si elle n'avait pas été droguée. Sa belle-fille, qui a déposé plainte en janvier 2001, a accusé Emile Louis d'agressions sexuelles aggravées, en 1994 et 1995. Devant les enquêteurs, il a reconnu ces agressions avant de se rétracter, invoquant des aveux extorqués alors qu'il était "fiévreux".
Tout au long de son premier procès à Draguignan, Emile Louis n'a cessé de nier les faits, parlant du consentement de son ancienne épouse, qui a fait de multiples tentatives de suicide. Neuf mois après sa condamnation par la cour d'assises du Var, Emile Louis était condamné le 25 novembre 2004 par la cour d'assises de l'Yonne à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de 18 ans, dans l'affaire des disparues. "Une réputation ne fait pas forcément un coupable", a déclaré à l'AFP Me Eric Moutet, l'avocat parisien d'Emile Louis. Ce dernier se trouve depuis trois semaines à la maison d'arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône) en prévision de son procès. Estimant que le procès d'appel se déroulera dans un "climat plus serein" que le précédent, l'affaire des disparues ayant déjà été jugée, Me Moutet a souhaité "pouvoir cadrer" la défense sur les "faits varois, sans se laisser polluer par d'autres affaires". "On tentera d'agir comme dans n'importe quel dossier criminel, en examinant les faits les uns après les autres", a-t-il dit. Le procès doit durer jusqu'à vendredi.
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