Evasion : la région Rhône-Alpes sur le qui-vive

Par PE avec AFP, le 15 octobre 2005 à 17h40 , mis à jour le 16 octobre 2005 à 22h03

Au lendemain de leur spectaculaire évasion de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône , Dragan Mikic et Pascal Gendry courent toujours. Les deux hommes sont qualifiés de "gens dangereux, car ils sont en fuite et armés". Le garde des Sceaux s'est rendu sur place alors que les syndicats de surveillants mettent en cause la sécurité de la prison.

evasion villefranche

Dragan Mikic et Pascal Gendry, tous deux détenus pour vol à main armé et âgés d'une quarantaine d'année, "sont des gens dangereux, car ils sont en fuite et armés". La mise en garde vient du procureur de la République de Villefranche, Francis Battut, qui a indiqué que les deux hommes semblaient se diriger vers le nord.

Les deux détenus se sont évadés samedi de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône avec l'aide de deux complices extérieurs munis d'armes de guerre, et ont blessé un policier dans leur fuite. Les deux complices extérieurs avaient posé deux échelles contre le mur d'enceinte d'une hauteur de 7 à 8 mètres, près d'un mirador de la prison, en bordure d'un quartier résidentiel, au nord de la ville. Ils ont tiré avec des armes automatiques de type Kalachnikov et pistolet automatique sur le mirador et jeté une troisième échelle à l'intérieur de la cour pour permettre aux détenus de franchir le mur d'enceinte. Le personnel pénitentiaire qui se trouvait à l'intérieur de l'enceinte a échangé des coups de feu avec les assaillants, mais personne n'a été blessé, a expliqué Pascal Rossignol, délégué régional de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (UFAP) qui s'est rendu sur place.

Une arme de service dérobée

Les quatre hommes se sont ensuite enfuis dans un fourgon, mais des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) qui se trouvaient à proximité ont tenté de les arrêter. Un échange nourri de coups de feu a éclaté, au cours duquel un des agents de la BAC a été blessé à la cuisse. Il a été hospitalisé, mais son état n'inspire pas d'inquiétude. L'arme de service de l'un des deux policiers a été dérobée.

Un peu plus tard, le fourgon dans lequel les détenus ont pris la fuite a été retrouvé sur la commune de Saint-Georges-de-Reneins, à une dizaine de kilomètres au nord de la maison d'arrêt. Le "plan Milan" a été activé sur toute la région Rhône-Alpes. En fin d'après-midi, une trentaine de policiers sont entrés dans la maison d'arrêt car certains détenus refusaient de regagner leurs cellules au terme de leur promenade, mais l'intervention a duré moins d'une heure.

Pas de "périmètre de sécurité"

En début de soirée, le ministre de la Justice, Pascal Clément, s'est rendu à Villefranche, o il a rencontré le personnel de la maison d'arrêt. "Je suis venu exprimer ma solidarité au personnel pénitentiaire et au policier blessé. Il est inadmissible de voir des truands tirer en plein jour à la mitraillette sur un mirador", a déclaré le ministre.

Pascal Rossignol, syndicaliste de l'UFAP, a, de son côté, souligné que les mesures de sécurité dans les prisons étaient "souvent remises en cause pour des questions budgétaires". Il a notamment demandé qu'un "périmètre de sécurité" soit instauré autour de la maison d'arrêt de Villefranche, dont l'enceinte est située à quelques mètres de résidences particulières.

Début juillet, la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône) avait été le théâtre d'une tentative d'évasion par hélicoptère qui avait alors été déjouée, sans faire de blessé, et qui visait sans doute à faire échapper deux personnes, dont Pascal Payet, braqueur récidiviste et roi de la cavale.

Détenu en cavale après une leçon de cheval

On a appris samedi auprès de la préfecture du Finistère et de l'administration pénitentiaire qu'un détenu de la maison d'arrêt de Brest s'est évadé le 30 septembre dernier lors d'un stage d'équitation. Le détenu, un multirécidiviste déjà condamné pour vols de voitures et incendies volontaires, a profité du dernier jour du stage pour fausser compagnie à ses accompagnateurs, alors que chacun était occupé à enlever la selle des montures et à ranger le matériel. Un signalement a été fait à toutes les forces de police. Mais à ce jour, le détenu est toujours en fuite.


Photo AFP : Jean-Philippe Ksaziek

Par PE avec AFP le 15 octobre 2005 à 17:40
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14 Commentaires

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  • Nikola, le 16/10/2005 à 16h23

    C'est vrai qu'il est très facile d'accéder au murs de la prison de villefranche, pas de cloture, pas de grillage dans la rue donnant sur les residences, à l'aile nord de la prison. je pense qu'un barbelés dissuaderait déjà les gens en ce qui concerne "les projections".

  • Hugo, le 16/10/2005 à 16h17

    "Un policier blessé à la cuisse"...et aprés certains diront qu'ils ne sont jamais là quant il faut, Prompt rétablissement à ce courageux monsieur.

  • Aigle, le 16/10/2005 à 12h47

    La France va de plus en plus mal, c'est la chute libre. Mais parmi tout ce qui se détériore, c'et la justice qui tient la palme. Non seulement elle ne punit presque plus et n'est plus efficae, mais en plus elle permet à tous de s'échapper des prisons comme ils veulent. Quand, du temps de nos rois, on jetait quelqu'un dans un cul de basse fosse, il y restait à vie. Mais de nos jours, ce sont les prisonniers qui tiennent le haut du pavé et terrorisent les surveillants, sans oublier les viols... Que les temps anciens reviennent vite, on n'en peut plus, on va disparaître.

  • Stéphane, le 16/10/2005 à 10h41

    Je cite ce ministre d'une intelligence remarquable : "Il est inadmissible de voir des truands tirer en plein jour à la mitraillette sur un mirador". Pour lui, ce qui est surtout inadmissible, ce n'est pas tant que les truands s'enfuient, c'est qu'ils tirent "en plein jour", "sur un mirador" lol Le ministre était saoul lors de cette déclaration? ;-) En France, la justice et les prisons, c'est vraiment de la rigolade; pas étonnant que les délinquants soient les maitres de nos rues : qui ou que pourraient ils vraiment craindre? Un viol, une vie de femme brisée = 7 ou 8 ans max avec les remises de peine - un crime avec actes de barbarie = "perpet" a la française, c'est à dire 30 ans soit disant incompressibles, c'est à dire 18 ou 20 ans de prison avec ls remises de peine - un crime "classique" : 20 ans, c'est à dire 12 ans avec les remises de peine. Autant dire qu'en France, le délinquant ne paie jamais à hauteur de son acte. Cela les encourage, comprenez le bien...

  • Eric, le 16/10/2005 à 09h40

    - Mon cher Lux, l'administration pénitentiaire ne dépend pas du ministère de l'intérieur. - On trouve quand même de l'argent pour faire faire du cheval à des gangsters. Cela me laisse pantois

  • Nounou, le 16/10/2005 à 09h24

    Elle est bizarre cette évasion. Telle qu'elle est relatée, j'ai du mal à imaginer que l'on puisse installer une échelle à l'extérieur, semble-t-il en plein jour, sans être inquiété. Une complicité à l'intérieur de l'enceinte?? Hum..... Pourquoi pas. Attendons la suite de l'enquête et espérons que ces individus en fuite seront vite retrouvés

  • David, le 16/10/2005 à 09h19

    Des stages d'équitation ! ! ! pourquoi pas des stages de pilotage d'hélicoptére ! ! Du grand n'importe quoi ! mais bon ils faut bien qu'ils se réinserent les pauvres ! ( merci de publier )

  • Michel, le 16/10/2005 à 09h18

    Hallucinant ! un detenu qui s'évade pendant un stage d'equitation !!!! prenait-il des leçons particulieres ????

  • Vastre, le 16/10/2005 à 04h58

    C'est très curieux cette histoire. On peut s'approcher d'une prison avec une échelle et installer celle-ci contre le mur d'enceinte sans attirer l'attention et donc sans se faire tirer dessus.

  • Florent, le 15/10/2005 à 23h48

    Recapitulons : "ils" sont venus tranquillement avec une échelle, l'ont posée sur le mur extérieur, ils sont montés jusqu'au mirador et ... ont montré leurs "guns" aux gardiens !!! Sous l'oeil des caméras de surveillance !!! Ensuite, ils sont repartis avec leurs potes. Message à tous ceux qui critiquent les USA : essayez de faire ça là-bas, vous verrez bien la réaction de ceux que l'on PAIE pour REAGIR !!! Je veux bien payer des impôts, mais pas pour nourrir des gens qui n'arrivent pas à faire leur BOULOT correctement.

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