
Laurent Fabius a affirmé dimanche que, s'il est candidat à la présidentielle de 2007, il défendra le projet qui sera adopté par le parti socialiste lors de son congrès de la mi-novembre au Mans. Interrogé lors de l'émission "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI" pour savoir s'il serait candidat en 2007, l'ancien numéro 2 du PS a répondu : "Pour le moment, les commentateurs les plus avisés retirent le sentiment que c'est oui". Sur quel projet ? "Avec celui du PS, bien sûr que oui", a répondu l'ancien Premier ministre, premier signataire de la motion B "Rassembler à gauche" qui s'oppose à la motion défendue par le Premier secrétaire François Hollande et la direction.
"Si un projet, quel qu'il soit, est adopté par les militants à notre congrès, il devra être la base des choix ultérieurs, de la défense par le candidat des choix ultérieurs", a-t-il assuré. Se refusant à chiffrer le nombre de voix qu'il pense recueillir au Mans, il a néanmoins affirmé que "beaucoup, beaucoup de militants veulent un parti socialiste qui dans l'opposition mène une opposition frontale". Pour "battre la droite, il faut que la gauche soit rassemblée, que le parti soit rassemblé", a-t-il réaffirmé, en ajoutant que "ce n'est possible que sur une ligne clairement à gauche" et non pas "mi-chèvre mi-choux". Il a estimé qu'au congrès du Mans les militants socialistes auraient l'occasion pour "la première fois et la dernière fois" de trancher sur le fond.
| "Copinage fiscal" |
Laurent Fabius a dénoncé dimanche comme du "copinage fiscal" l'amendement d'exonération de 75% d'ISF pour certains actionnaires adopté vendredi par les députés avec le soutien du gouvernement. C'est "absolument scandaleux", a jugé l'ancien Premier ministre. "Il s'agit de ce que j'appellerais du copinage fiscal. Car les quelque milliers de personnes qui sont bénéficiaires de cela ce sont les compagnons de (Thierry) Breton, les amis de (Nicolas) Sarkozy, les copains de M. Dominique de Villepin". L'Assemblée nationale a adopté vendredi, lors du débat sur le budget 2006, un amendement qui exonère de 75% d'ISF les actionnaires détenant leurs actions pendant 6 ans, en dépit de l'opposition de la gauche dénonçant une "injustice fiscale", et une partie de sa majorité, réclamant une réforme plus profonde. Selon Thierry Breton lundi matin, l'Assemblée n'a fait qu'élargir aux salariés actionnaires une mesure destinée uniquement aux patrons et votée en son temps par la gauche. |
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