Face-à-face Hollande-Fabius à la Mutualité

le 18 octobre 2005 à 21h53 , mis à jour le 19 octobre 2005 à 07h47

Dans un climat passionné, François Hollande et Laurent Fabius ont défendu chacun devant les militants parisiens, mardi soir, leur ligne politique pour le congrès du Mans le mois prochain.

hollande_fabius_mutualite

Ambiance de campagne pré-électorale hier soir à Paris. Trois des principaux leaders du PS, François Hollande, Laurent Fabius et Vincent Peillon ont planché devant les militants parisiens, un mois jour pour jour avant le congrès de leur formation, lors d'une réunion présentée de part et d'autre comme "un débat, pas un affrontement". Les trois hommes, qui défendent chacun leur propre orientation pour le congrès du Mans (18-20 novembre), intervenaient dans le cadre de l'assemblée générale des motions de la fédération de Paris, la 3ème de France (6.500 militants) après celles du Pas-de-Calais et du Nord. C'est la première fois que Hollande, Fabius et Peillon se retrouvaient sur la même estrade dans le cadre de la préparation du congrès. Ils devaient être rejoints par les représentants des deux autres motions en lice devant les militants, celle du sénateur-maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel et celle d'Utopia, qui prône un autre modèle de croissance dont le travail ne serait plus le fondement. Le duel à distance Laurent Fabius - François Hollande, devant les 1.400 militants présents, constituait bien entendu le moment crucial de la soirée...

Même si l'un et l'autre se sont efforcés, ce mardi soir, d'éviter l'affrontement direct, la tension était très perceptible à la Mutualité. "Nous avons plus de convergences, et tant mieux, que de divergences, à lire ces motions", a tout d'abord plaidé le Premier secrétaire du PS. Ce constat de "convergence" de François Hollande a été assorti tout de même d'un appel pour "respecter nos règles, la démocratie interne, c'est-à-dire les votes" - appel destiné clairement à Laurent Fabius, accusé d'avoir négligé la discipline du parti. A ce moment, François Hollande a reçu de longs applaudissements, qui ont largement couverts les huées d'une partie de la salle, tandis que retentissaient des cornes de brume. Evoquant l'élection présidentielle, le numéro un socialiste a rappelé que "ce seront les militants qui départageront les candidats". "Ils voteront forcément pour le meilleur ou la meilleure", a-t-il ajouté. Abordant l'orientation du parti, François Hollande a souligné qu'il fallait "dire la vérité" aux Français. "Nous ne sommes pas le parti qui ajoute tous les mécontentements dans un programme", a-t-il dit, visant une nouvelle fois Laurent Fabius.

Laurent Fabius adopte une posture de candidat à la présidentielle

Pour sa part, l'ex-numéro 2 du PS et premier signataire de la motion B "Rassembler à gauche", a défendu "le respect du suffrage populaire", sans toutefois l'opposer au vote des militants. Et, revenant sur la "question européenne" que "nous allons retrouver" : "le président de la République (qui sera élu en 2007) sera saisi de cette question", a-t-il lancé. "Nous disons clairement qu'il n'est pas question pour un socialiste de ne pas respecter le suffrage populaire", et, a-t-il ajouté, "il faudra avancer vers une renégociation".

Alors que François Hollande était revenu sur la discipline à l'intérieur du parti, Laurent Fabius s'est voulu au-dessus de la mêlée, adoptant une posture de candidat à la présidentielle, et demandant que l'on évite de "prononcer des phrases perçues comme exclusives à l'égard d'un certain nombre de camarades". Ne parlant presqu'exclusivement que des propositions contenues dans sa motion, il a promis qu'en cas de retour au pouvoir, "notre premier engagement sera d'abroger les principales lois mises en oeuvre par la droite". Il est revenu longuement sur deux des sujets qui lui tiennent à coeur : la laïcité et le logement, rendant un hommage appuyé au maire de Paris, Bertrand Delanoë, présent dans la salle, pour son "travail remarquable" dans le domaine du logement. "Le congrès sera utile si les Français se disent : les socialistes ont compris, ils sont lucides, ils ont fait de grandes choses, ils reprennent ce qui a été fait d'excellent, ils modifient ce qui doit être modifié, ils présentent un projet face à la mondialisation libérale", a résumé Laurent Fabius.

Photo d'ouverture : François Hollande et Laurent Fabius, mardi soir à la Mutualité (montage) - DR

le 18 octobre 2005 à 21:53
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13 Commentaires

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  • TAN, le 19/10/2005 à 10h10

    Bravo Fabius. Il faut respecter le choix des Francais de dire le "non". En tant que le premier secretaire du parti, Hollande devrait avoir la honte de demissionner.

  • Perplexe, le 19/10/2005 à 09h50

    Qui est-ce qui va sortir vainqueur du grand jeu du "c'est le plus démago qui gagne" ? Les socialistes étant les champions toutes catégories de ce jeu-là, la compétition va être très serrée lors de leur congrès...Heureusement que leurs niaiseries n'intéressent plus qu'eux-mêmes (enfin j'espère !..)

  • Le sagard, le 19/10/2005 à 09h49

    Hollande a perdu sa place au referedum sur la constitution,il a martelé sans cesse que Raffarin devait partir a chaque election perdue,et quand c'est lui qui perd il fait partir les autres.Fabius doit etre le candidat de la gauche,de toute façon a gauche ils n'auront aucune chance,ils ne proposent rien de neuf,leur seul programme c'est critiquer le programme des autres.

  • CINDI, le 19/10/2005 à 09h44

    Ils peuvent toujours rivaliser, aucun n'a de chance,entre celui qui veut tromper le peuple en faisant croire qu'il est plus à gauche, pour attirer les pauvres gens, et celui qui se veut le plus socialiste , rien ne sent le vrai. Les impôts sont le centre de la discussion des uns, mais si on paye trop d'impôt alors que les salaires n'augmentent pas c'est une catastrophe plus personne ne pourra faire face. Alors la gauche veut augmenter encore ces impôts et bien on verra....

  • David, le 19/10/2005 à 09h33

    Vivement le compte rendu de leurs congrés au "Mans" on verra ainsi qui "Ment" le plus !!!! lol

  • Laurent, le 19/10/2005 à 09h22

    Le petit théâtre de Guignol est toujours d?actualité ! Ils font peine à voir ces dinosaures gavés au caviar champagne.

  • Aurelia, le 19/10/2005 à 09h18

    Ils peuvent se creper le chignon tant qu'ils veulent de toute facon on ne votera pas pour eux et leur politique social de Merde. Car c'est bien cela qui ruine notre pays depuis des décennie.

  • Jean michel, le 19/10/2005 à 09h16

    HOLLANDE OU FABIUS??? MAIS QUELLE DIFFERENCE? DE SURCROIT TOUJOURS LES MEMES TETES... ALLEZ SEGOLENE! ALLEZ SEGOLENE!

  • ., le 19/10/2005 à 08h50

    Ils voteront forcément pour le meilleur ou la meilleure", a-t-il ajouté. ..La MEILLEURE qui c'est ....?! J'ai ce qu'il faut à la maison !!

  • Patrice, le 19/10/2005 à 07h59

    Triste tableau que ce panier de crabe s'entretuant pour LEUR AVENIR et tellement responsable de la déchéance de notre pays.Pourvu qu'il reste à 15%(Ou moins Si possible..) en 2007 et que l'on ne voit plus jamais ces gens là au pouvoir.Merci de me publier.

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