Ils tentent de tuer leurs enfants pour échapper à la misère

le 17 octobre 2005 à 09h00 , mis à jour le 17 octobre 2005 à 21h58

Un père et une mère comparaissent de lundi à mercredi aux assises de l'Oise pour l'empoisonnement de leurs cinq enfants en 2002. Leurs avocats expliquent ce geste comme un "drame de l'endettement" et de l'immaturité.

insuline père

Ils ne voulaient pas sombrer dans la misère avec leurs enfants. Ils ont décidé de les tuer. Un père et une mère de famille, de 37 et 44 ans, comparaissent de lundi à mercredi devant la cour d'assises de l'Oise, à Beauvais, pour empoisonnement avec préméditation de leurs cinq enfants en 2002. Une de leurs filles, Alicia, 11 ans, est morte à l'hôpital, suite à une injection d'insuline administrée par sa mère. Ses quatre frères et soeurs, âgés de 11 mois, trois, six et 13 ans, ont échappé à la mort.

Surendettés depuis des années, sans espoir de rompre le cercle infernal des crédits à répétition, Emmanuel, conducteur d'engins, et Patricia, garde-malade, résidaient dans un modeste pavillon de Laversines, près de Beauvais, au moment des faits, le 19 août 2002. Ils devaient rembourser une vingtaine de crédits à la consommation (voiture, électroménager, informatique, hi-fi...) dont celui de leur maison pour un montant total d'environ 1,5 million de francs (229.000 euros).

"Très immature"

La situation s'était dégradée jusqu'en mai 2002, où malgré les aides familiales ils n'avaient plus été en mesure de payer les échéances des crédits revolving. Décidé à en finir, le couple aurait, selon l'arrêt de renvoi, élaboré un macabre scénario prévoyant de tuer d'abord les enfants, deux garçons et trois filles, puis de mettre fin à ses jours pour "partir vers un monde meilleur". La mère s'est procuré trois flacons d'insuline de 10 cl et sept seringues sur son lieu de travail. Elle a reconnu avoir injecté le produit à ses enfants. Mais le scénario initial a échoué, les doses étant trop faibles, sauf pour Alicia. Patricia avait fini par appeler les secours. Le père a expliqué pour sa part qu'il n'avait pas réussi à se trancher les veines avec un scalpel.

Qualifié de "très immature" par l'avocate de Patricia, Me Carole Foissy, le couple avait laissé plusieurs lettres destinées à des parents pour expliquer sa décision. Une expertise psychiatrique a conclu pour Emmanuel à "une incertitude assez constante sur l'image de soi", un recours à "l'isolement affectif" et un "repli sur soi". Elle a relevé pour Patricia "une profonde altération du discernement au moment des faits proche de l'abolition du fait d'un état dépressif franc en rapport avec la faillite économique et sociale du couple", et une dimension "immaturo-névrotique". Sixième de dix enfants, Patricia s'est décrite comme une femme très modeste, sans diplôme ni histoire. "J'ai fait des petits boulots", a-t-elle résumé.

Pour Me Hubert Delarue, avocat d'Emmanuel, "au-delà de la responsabilité individuelle, il faut comprendre les raisons pour lesquelles le couple, fusionnel avec ses enfants, autarcique et inscrit dans la logique d'une société de consommation où beaucoup de choses sont sacralisées, en est arrivé là". "Ils s'inscrivent dans la logique infernale des dettes et le charme venimeux du crédit revolving jusqu'à l'impasse. Il y a des responsabilités, mais qu'eux seuls les portent serait profondément injuste", a-t-il estimé.Le couple risque la réclusion à perpétuité.

le 17 octobre 2005 à 09:00
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12 Commentaires

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  • Cecile, le 17/10/2005 à 12h50

    Je suis choquée !

  • NATHALIE, le 17/10/2005 à 12h10

    Il y a des personnes qui sont vraiment déjantées ; en quoi les enfants sont concernés dans cette histoire ? S'ils voulaient disparaitre, ils n'avaient qu'à se suicider à deux et laisser les enfants tranquilles... Quelle honte ! En attendant ils sont vivants et une de leurs filles est morte elle !!! J'espère qu'ils vont payer très cher leur acte honteux, odieux, inhumain... C'est facile de s'en prendre à des enfants alors que ce sont eux les fautifs ; ils n'avaient qu'à pas vivre au dessus de leurs moyens !!! Pauvres enfants... j'espère qu'ils arriveront à se reconstruire ; pas facile car ils penseront toujours à leurs parents qui ont voulu les tuer... Je suis scandalisée ! Qu'ils paient et très cher !!! Moi je veux bien m'occuper de ces pauvres enfants.... On vit vraiment dans un monde de fous, de fous....

  • B, le 17/10/2005 à 11h22

    Les coupables sont ces maisons de crédits qui acceptent d'ouvrir des comptes revolvings a tout le monde exemple pour une ouverture de compte revolving il suffit de signer un papier et voilà au début c'est 1500 ? puis la réserve augmente et après ont atteint des sommes de 3.000 ? moi je pense que c'est crédits c'est une catastrophe. Les personnes qui a un moment de leurs ont des difficultés financières sombre dans ce cercle visieux. MAIS TUER SONT ENFANT POUR DE L'ARGENT CA NE VAUT PAS LE COUP ET SE N'EST PAS PARDONABLE NON PLUS...

  • Christian Gautier, le 17/10/2005 à 11h21

    Au moment de la réforme de la Loi instituant la "procédure de surendettement", certains députés avaient proposé la constitution de fichiers des crédits en cours. Ce qui aurait permis aux différents établissements financiers de connaitre instantanément l'endettement du demandeur, ainsi une société de crédit prêtant de l'argent à un débiteur déjà lourdement endetté aurait vu sa responsabilité lourdement engagée, puique connaissant sa situation réelle. Seulement voilà le juteux bizeness du crédit revolving aurait été en péril. Ce sont donc ces mêmes établissements qui se sont violemment opposés à la constitution de ce fichier, lui préférant "le fichier des impayés" ce qui ne renseigne personne sur la véritable situation du débiteur.

  • Jen, le 17/10/2005 à 11h07

    Tout est dit...on vous donne tout sur un plateau d'argent et on vous reprend plus encore...symtôme d'une société de consommation qui vend du rêve et l'espoir d'une vie meilleure...à quel prix!!

  • Jose, le 17/10/2005 à 11h03

    Ce couple a besoin d'un suivi psychologique, d'AIDE, de COMPREHENSION et de SOUTIEN, mais PAS de la réclusion à perpétuité. Je ne cherche pas à minimiser leur faute, qui est très grave voire irréparable (et ils en souffrent sans doute déjà assez comme ça - c'était leur fille), mais je peux comprendre comment ils ont pu en arriver là. Ce qui leur est arrivé pourrait potentiellement arriver à beaucoup d'entre nous. C'est une des dérives de notre société actuelle, et ce n'est sans doute pas un cas isolé : je ne serais pas surpris que ce fait divers puisse devenir "l'arbre qui cache la forêt". A tous : ne les jugez pas sans essayer de les comprendre. Essayez au moins. Merci.

  • Michou, le 17/10/2005 à 10h39

    Oui, cela touche beaucoup de foyers sans "balises" sociales et cela montre la défaillance du système social français qui devrait ouvrir des centres de "médiation de dettes " ou de "médiation familiales" avec des Psy cliniciens car on dédaigne le statut réel des Psy pour la Pouvoir Politique et la population française se retrouve sans securité réelle et quel sera l'avvenir des jeunes qui se mettent déjà en couple sans savoir l'expérience réelle d'une vie économique et sociale car l'amour seul ne suffit plus dans un couple et les salaires trop bas qui nhe permettent plus de vivre en couple ou d'assumer la vie familiale au point de devoir tuer ses enfants pour leur éviter le drame d'une déchéance huamine : l'expulsion de leur logment. la seule manière de prévenir cela, c'est d'enlever toute pérogative au juge de paix d'expulser ces familles surrendettées et de mettre en place un médiateur qui suivrait cette famille de très près pour rembourser les dettes petit à petit. Voilà la vraie politique de proximité et de qualité pour les français.....

  • Eliot, le 17/10/2005 à 10h33

    Et voila! Les avocats vont certainement nous "expliquer" que "c'est de la faute à la société" si ces criminels en sont arrivés là (société de consommation, prêts bancaires faciles etc...). La fautes aux autres mais jamais celle des premiers concernés, celle de malades mentaux capables de tuer leurs propres enfants en justifiant cet acte monstrueux par des problèmes de fins de mois difficiles dus à l'irresponsabilité de gens vivant largement au dessus de leurs moyens. Quand je pense qu'il y a tant de gens biens qui ne peuvent pas avoir d'enfants, on se dit que décidement le monde est très mal fait...Que ces petites victimes reposent en paix...

  • Babette, le 17/10/2005 à 10h00

    Comment peut-on laisser des gens avoir 20 crédits sur le dos !!! Qui sont les irresponsables ?? D'ailleurs toutes les pubs pour les boites de credits devraient être interdites au même titre que l'alcool et le tabac !

  • Jacques Sabalette, le 17/10/2005 à 09h57

    La réclusion à vie ne sera pas la solution à ce type de problème. Il faut penser à l'avenir des enfants, mais aussi à celui des parents. Tous doivent être aidés pour mieux repartir. A la Justice et Autorités diverses de faire en sorte que ce genre de situation ne se reproduise plus et j'estime que dans ce cas, les sociétés de crédit ont une grande part de responsabilité.

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