Un Ivoirien étouffé par un soldat français ?

le 26 octobre 2005 à 20h20 , mis à jour le 27 octobre 2005 à 12h20

Le "coupeur de route" ivoirien dont l'homicide a provoqué la suspension du général français Henri Poncet, a été "étouffé avec un sac plastique par un soldat français". C'est ce qu'a indiqué mercredi une source militaire proche du dossier, confirmant des informations du journal Le Point.

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Le scénario de la mort du "coupeur de route" ivoirien, dont l'homicide a provoqué la suspension du général français Henri Poncet, se précise. Confirmant des informations du journal Le Point, une source militaire proche du dossier a indiqué mercredi à l'Agence France-Presse qu'après avoir été "blessé légèrement à la jambe", Fabien Mahé, soupçonné de plusieurs meurtres et viols, a été "étouffé avec un sac plastique par un soldat français puis transféré à l'hôpital de Man".

Michèle Alliot-Marie a suspendu le 17 octobre le général de corps d'armée Poncet, soupçonné d'avoir couvert ce meurtre présumé lorsqu'il commandait l'opération "Licorne" en Côte-d'Ivoire en mai dernier, ainsi que le colonel Eric Burgaud, chef de corps, et un sous-officier qui faisaient partie du dispositif à l'époque. Parallèlement à cette suspension, le procureur du tribunal aux armées de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "homicide volontaire". Dominique de Villepin a souligné jeudi sa volonté de "faire toute la lumière" sur l'affaire, "d'aller jusqu'au bout en totale transparence et de prendre les mesures qui s'imposent, de justice et d'équité", ajoutant : "nous n'avons rien à cacher".

Un second général menacé de suspension ?

Citant des "sources militaires multiples", Le Point affirme qu'un second général, adjoint du général Poncet au moment des faits, pourrait aussi faire l'objet d'une suspension. Cette décision appartiendrait, le cas échéant, aux autorités civiles et militaires, lorsqu'elles auront eu connaissance de l'enquête de commandement. "Or celle-ci n'est pas encore terminée", a fait valoir la source militaire proche du dossier interrogée par l'AFP.

Dès le jour de l'annonce des suspensions, le chef d'état-major de l'armée de terre Bernard Thorette s'était adressé aux militaires pour leur expliquer cette sanction mais aussi leur renouveler sa confiance. Néanmoins, selon Le Point  "dans certaines unités appelées à partir en Afrique, le chaudron bout". Le service d'information de l'armée de terre (Sirpa) a pour sa part diffusé mercredi soir une communiqué intitulé : "L'armée de terre unie derrière le chef d'état-major de l'armée de terre". Le Sirpa rappelle que le général Thorette a réuni "les chefs de corps des forces et la haute hiérarchie" qui, après exposé des faits, "lui ont manifesté leur soutien". "Les réactions individuelles, quand elles existent, traduisent pour la plupart une perception aiguë de la gravité des faits et une grande prudence dans l'attente du résultat des enquêtes en cours". La France maintient 4.000 soldats en Côte-d'Ivoire, dans la force Licorne, aux côtés de plus de 7.000 Casques bleus engagés dans l'Opération des Nations unies dans ce pays (Onuci).

Photo d'ouverture : le général Henri Poncet - archives

le 26 octobre 2005 à 20:20
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