
Quelque quatre cents habitants de Clichy-sous-Bois ont défilé en silence, pendant une heure, ce matin, en mémoire des deux mineurs morts électrocutés jeudi soir. De nombreux jeunes arboraient des t-shirts avec imprimé en lettres noires : "Mort pour rien". Avant que le cortège ne s'ébranle, le maire de la ville, Claude Dilain (PS), a rappelé au micro qu'il avait "demandé au ministre de l'Intérieur et obtenu une enquête impartiale pour que toute la lumière soit faite sur la chrononologie des événements", qui ont conduit à la mort des deux mineurs dans le transformateur EDF.
Le quartier du Chêne-Pointu, où sont morts les deux adolescents, a été la proie à de nouvelles violences la nuit dernière. Plus de 400 fauteurs de troubles ont eu maille à partir avec les forces de l'ordre. Trois cents policiers et gendarmes ont du être déployés. Vingt-trois policiers ont été blessés, dont une quinzaine de CRS. Certains se sont vus prescrire jusqu'à dix jours d'Interruption totale de travail (ITT) à cause de jets de projectiles, a précisé la sreté départementale chargée de l'enquête. Vingt-neuf véhicules et dix poubelles ont été incendiés, obligeant les pompiers à intervenir une quarantaine de fois.
"guerre civile"
Une balle réelle a même été tirée sur un véhicule de CRS, a affirmé l'UNSA-police, qui a lancé un "appel au calme" dans cette localité. Vers 21h00, selon Joaquin Masanet, secrétaire général du syndicat, quelque 80 fauteurs de troubles "ont lancé des projectiles et des cocktails molotov contre les CRS et tiré un coup de feu contre un "boxer". "Il faut que cessent ces violences", a dit Masanet. Ces incidents, selon lui, sont le fait d'une "minorité" et il faut que les "citoyens n'aient pas peur de les dénoncer". Le syndicat Action police CFTC a de son côté annoncé samedi qu'il avait adressé un courrier au ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour lui demander le renfort de l'armée. "Une guerre civile se déroule actuellement à Clichy-sous-Bois", écrit dans ce courrier Michel Thooris, secrétaire général du syndicat. "Des tireurs embusqués snipent la police". Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, a également qualifié ce degré de violence de "guérilla urbaine" et mis en garde samedi contre "la répétition" des violences à Clichy-sous-Bois qui "peut très vite dégénérer, le pire pouvant aussi vite arriver".
Le quartier du Chêne-Pointu avait déjà été jeudi soir le théâtre de violents affrontements entre jeunes et forces de l'ordre. Les fauteurs de troubles s'en étaient également pris à des bâtiments publics et aux pompiers, sans faire de blessés. La ville s'était embrasée à la suite du décès de deux adolescents de 17 et 15 ans, Ziad et Banou, morts électrocutés après s'être introduits dans l'enceinte d'un transformateur EDF. La rumeur s'était répandue que les deux jeunes s'étaient réfugiés dans cet endroit à la suite d'une course-poursuite avec la police, ce qui a été démenti par la préfecture.
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