© INTERNEPersonnage sulfureux, ancien des services secrets, acteur clé de la libération des otages français du Liban en 1987, Jean-Charles Marchiani, ex-député européen et ancien préfet, devrait passer la plupart des prochains jours au Palais de Justice de Paris. La 11e chambre du tribunal correctionnel se penche depuis lundi après-midi sur un dossier de commissions versées par une entreprise allemande dans le cadre d'un marché de fourniture de boîtes de vitesse pour 436 chars Leclerc. Les juges examineront ensuite, à partir du 17 octobre, une affaire similaire concernant un contrat passé entre une société néerlandaise et Aéroports de Paris.
Deux procès pour un seul homme
La première affaire, dite Renk/chars Leclerc, porte sur une commission de 1,3 million d'euros que l'ex-député européen et ancien préfet, Jean-Charles Marchiani, aurait perçue dans un contrat passé en 1993 entre l'Allemand Renk et le groupe public français d'armement terrestre Giat Industries, sous tutelle du ministère de la Défense et fabricant du char Leclerc. L'ancien préfet du Var, proche de Charles Pasqua, est poursuivi pour "trafic d'influence commis par dépositaire de l'autorité publique", un délit passible de dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. Jean-Charles Marchiani est soupçonné d'avoir abusé de son influence réelle ou supposée pour faciliter l'obtention du contrat par la société Renk qui lui aurait en retour versé une commission sur un compte suisse. Il nie les faits qui lui sont reprochés. Trois autres personnes sont poursuivies dans ce dossier : Yves Manuel, un homme d'affaires français qui aurait servi d'intermédiaire et a mis en cause Marchiani devant le juge, et deux dirigeants allemands de Renk, Manfred Hirt et Norbert Schulze. Le réquisitoire est prévu le 11 octobre.
La seconde affaire sera examinée du 17 octobre au 2 novembre, avec un réquisitoire programmé le 26 octobre. Le dossier porte cette fois sur une commission présumée occulte de 1,4 million d'euros qu'aurait reçue Jean-Charles Marchiani avant de la partager avec d'autres protagonistes d'un contrat passé en 1991 entre la société néerlandaise Vanderland et Aéroports de Paris. Le contrat portait sur l'installation à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle d'un système de tri et de stockage de bagages. Concernant les sommes retrouvées sur le compte suisse de M. Marchiani, "tout est simple, clair, légal, tout est justifié", a assuré son avocat. Outre Marchiani, renvoyé pour "recel d'abus de biens sociaux", six personnes devront comparaître.
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