Mission humanitaire au Pakistan : un pilote de l'armée témoigne

Par Par Alexandra GUILLET (à Istres), le 13 octobre 2005 à 13h43 , mis à jour le 13 octobre 2005 à 15h40

L'aspirant Sylvain Brandon , 24 ans, est co-pilote sur Tanker dans l'armée de l'air. Le week-end dernier, il faisait partie de l'équipage qui a transporté la première aide humanitaire d'urgence pour les sinistrés du séisme au Pakistan. Comment un tel voyage se prépare? Témoignage.

istres co pilote sylvain tanker pakistan

L'aspirant Sylvain Brandon , 24 ans, est co-pilote sur Tanker dans l'armée de l'air. Il appartient au Groupe de ravitaillement en vol (GRV) basé à Istres. Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, il faisait partie de l'équipage qui a transporté la première aide humanitaire d'urgence pour les sinistrés du séisme au Pakistan.

"On a eu connaissance du tremblement de terre au Pakistan dans la matinée de samedi. Les autorités politiques et l'Etat major ont alors décidé d'envoyer une aide humanitaire. Sur la base d'Istres, le week-end, chaque pilote de la base est mis d'alerte pendant un certain nombre d'heures. Vers 19h45 j'ai reçu un appel chez moi du sous-officier de permanence H24 à l'escadron, me

Tanker sur la BA de Istres
disant que je devais partir cette nuit pour Islamabad. J'ai foncé à l'escadron. Ce genre de mission se prépare comme une mission standard à l'étranger. On a des attachés de défense dans chaque pays qui nous renseignent sur l'état de la situation sur place. Il nous a dit que seul un immeuble était détruit dans la capitale et que la piste de l'aéroport n'avait pas bougé. Notre vol était donc possible.



En tant que co-pilote, mon rôle a été de préparer toute la documentation du vol : fiches de terrain pour la route, les cartes... Le navigateur, lui, trace le trajet, point par point. Une des priorités à régler est le calcul de la quantité de carburant nécessaire pour aller à destination

Le ventre de l'avion, prêt à accueillir
l'aide humanitaire
car ce poids détermine la charge de fret maximale que l'on pourra embarquer en plus à bord. Pendant que nous préparions ainsi notre avion pour la mission, un Transal de l'armée de l'air, basé à Villacoublay, en région parisienne, a récupéré une équipe de pompiers franciliens et nous les a amené. Ils sont arrivés à 1h30 du matin. Au total, on a pu embarquer 25 pompiers sauveteurs, deux chiens, et plusieurs caisses de matériels dont de l'oxygène aérotransportable. On a obtenu le feu vert pour le décollage à 4h30 du matin.


Après 9 heures de vol, on a atterri à Islamabad. On a déposé les équipes de secours, puis on a dû déplacer l'avion sur la ville de Lahore car il n'y avait pas assez de place sur le parking d'Islamabad où plusieurs avions humanitaires américains étaient également attendus. On a passé une nuit sur place pour se reposer et on est revenus à vide le lendemain. Je ne suis que depuis un an et demi dans l'escadron et c'est la première fois que je remplissais ce type de mission. C'était un vol humanitaire pour aider un pays et c'est bien, car l'armée est seule à pouvoir réagir rapidement dans ce genre de situation catastrophique. Depuis mon retour, au moins deux autres avions sont partis. Les navettes devraient se poursuivre tant que le Pakistan réclamera de l'aide. La date de mon prochain vol ? Ce sera la surprise !".

Photo : Sylvain Brandon, à son retour du Pakistan, mercredi, sur la base aérienne d'Istres

Par Par Alexandra GUILLET (à Istres) le 13 octobre 2005 à 13:43
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