Mort de l'écrivain gay Guillaume Dustan, adepte du sexe à risques

Par Par Renaud PILA , avec AFP, le 10 octobre 2005 à 15h18 , mis à jour le 11 octobre 2005 à 09h50

Enarque en rupture de ban, cette figure de l'underground parisien est mort la semaine dernière à l'âge de 40 ans. Sa prise de position en faveur des rapports sexuels non protégés avait provoqué la polémique.

Dustan

" Pourquoi est-ce qu'on raconte des histoires, je ne sais pas moi. Je n'ai pas envie d'écrire des histoires. J'ai essayé et ça ne marchait pas. Et à un moment j'ai trouvé que j'avais une vie assez bizarre pour écrire dessus ". Jusqu'au bout, l'existence de Guillaume Dustan aura été bizarre. Mourir d'une "intoxication médicamenteuse involontaire ", comme l'affirme le communiqué, n'est pas banale. Son corps a été retrouvé jeudi par sa famille dans l'appartement parisien qu'il occupait depuis un mois. La date et les causes de sa mort ont été révélées par une autopsie.

A 40 ans, Guillaume Dustan aurait pu travailler dans un cabinet ministériel ou dans une grande entreprise. En effet, après de brillantes études à Sciences-Po, il rejoint l'ENA. Trajectoire jusque là classique. Il débute ensuite une carrière de juge administratif. Mais en 1990, sa vie bascule. Il se découvre séropositif et décide de tout plaquer. Ce fils de psychanalyste se met à écrire. Il raconte sa vie dans trois romans autofictionnels qui paraissent chez POL en 1996, 1997 et 1998. Son premier livre, "Dans ma chambre", fait sensation. Il y parle pour la première fois de relations sexuelles non protégées entre homosexuels. Le " barebacking " fait son apparition médiatique dans le Paris des années 90.

"Je me révèle".

Qualifié par un critique "d'alter Angot", il note alors : avec Christine Angot, "on ne nous aime pas. Parfois si, mais bon, localement, c'est plutôt la haine et le souhait de mort qui prédominent. Bon pourquoi ? Parce qu'on parle de notre vie, je pense. Si j'écrivais de la fiction, je crois qu'il n'y aurait pas ce truc. Je me révèle".

En 1999, il reçoit le prix de Flore pour "Nicolas Pages", paru chez Balland, maison d'édition où il crée une éphémère collection de littérature gay et lesbienne, "Le Rayon gay". "Bien sûr, je fais du militantisme homo avec ces livres, mais aussi du militantisme en faveur d'une forme de vie underground", disait-il à propos du "Rayon".

Dans "Génie divin" (2001), journal intime foisonnant, il revient sur la polémique qui l'a opposé fin 2000 à une partie de la communauté homosexuelle après avoir écrit que "la capote ne pourra jamais être la règle en matière de sexualité". "Il faut l'empêcher de dire ce qu'il dit", lui a répondu l'association de lutte contre le sida Act-Up. Guillaume Dustan a écrit au total six livres, dont le dernier, "Dernier roman", a été publié en 2004 chez Flammarion.

Par Par Renaud PILA , avec AFP le 10 octobre 2005 à 15:18
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17 Commentaires

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  • Christophe, le 11/10/2005 à 12h42

    Quelle tristesse, c'est bien dommage qu'un tel personnage soit mort dans l'ignorance et l'incomprehension. il manquera à la litterature non conventionnelle. a dieu guillaume

  • Gérard, le 11/10/2005 à 11h00

    Est-ce que le modérateur (y'en a-t-il un ?) peut justifier la publication du post de Tiberius ? Son message dont l'unique objet est de minimiser la tragédie vécue par Vastre est à vomir ! Merci de me publier (ça serait la moindre des choses, compte tenu de ce que vous laissez passer).

  • Marc, le 11/10/2005 à 09h26

    Quel qu'il soit, qu'il repose en paix!

  • BERARD, le 11/10/2005 à 07h20

    Pauvre garcon voila il a voulu jouer ben voila le resultat

  • Jean thorwald, le 10/10/2005 à 22h49

    Amour sans conscience n'est que ruine de l'âme

  • Eric, le 10/10/2005 à 22h15

    Pour Vastre, de Nimes. Sincères condoléances. Qu'en était-il de l'orientation sexuelle de ton enfant? Dustan est pour moi une révélation littéraire et identitaire. Le fond et la forme de son propos ne peuvent laisser indifférent. Il a fait beaucoup pour le "petit pédé" devenu grand et resté seroneg que je suis. Eric, 28 ans.

  • Camille, le 10/10/2005 à 21h43

    Je l'adore je suis triste... triste.. il a sauvé ma vie

  • Ludo, le 10/10/2005 à 21h00

    Il a été un auteur qui m a appris a penser différement et pouvoir réfléchir par moi même sur ce que je pensais de la drogue du sida et de la liberte de soi et de son corps. Je n'ai pas été d'accord sur tout mais Dustan restera dans ma memoire. Merci d'avoir osé écrire... Quant a la reaction de Vastre de Nimes je la trouve extrement deplace et irrespectueuse.

  • Laurent, le 10/10/2005 à 20h52

    Je crois Thiberius que tu viens d ecrire les 4 lignes les plus minables que j ai eu l occasion de lire, depuis tres longtemps.

  • EVERLASTINK, le 10/10/2005 à 18h33

    KAPOTE NO KAPOTE ...C'est un Faux problème Chacun Fait ce qu'il veux avec son Cul Chacun est responsable...On ne peux obliger quelqu'un à avoir des rapports sans préservatif...à moins de le violer !Par ailleurs si des jeunes veulent se plomber en chopant le sida et son cortège de MST en multipliant les aventures à risque c'est qu'ils se sentent mal aimè ou rejeté ...comportement suicidaire Classique (Notamment chez les jeunes Homos en rupture avec leurs familles & leurs amis).Gustan était sans aucun doute l'un d'entre eux...

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