
La cour d'assises d'appel des Hauts-de-Seine devait juger à partir de lundi et jusqu'à mercredi Marie-Christine Atouillant, 35 ans, condamnée en octobre 2004 en première instance à dix ans de prison pour avoir provoqué la mort d'un bébé de onze mois dont elle était la nourrice. En l'absence des experts psychiatriques, son procès a été renvoyé en janvier.
Lors de son premier procès devant la cour d'assises des Yvelines, Mme Atouillant avait livré une énième version des causes de la mort du bébé dont elle avait la garde, le 14 octobre 1997 à Saint-Rémy-les-Chevreuse (Yvelines). Selon elle, l'enfant serait tombé de son lit puis, voulant le consoler, elle l'aurait "bercé" et à deux reprises sa tête aurait heurté le coin de la table basse du salon. Durant l'enquête, elle avait déjà avancé la thèse d'une chute dans l'escalier du bébé, puis d'un choc de sa tête contre une table basse alors que l'enfant se débattait dans ses bras après son bain, et enfin une simple chute du lit.
"Volontairement"
La jeune femme doit répondre "de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité". Sa victime est Jean-Antoine, 11 mois, mort d'un traumatisme crânien alors qu'elle le gardait dans le pavillon des parents. Elle encourt 30 ans de réclusion criminelle.
Lors du premier procès, les experts avaient unanimement souligné que le traumatisme crânien ne correspondait pas aux affirmations de Mme Atouillant, qui s'étaient compliquées au fil des audiences. Ils avaient notamment décrit "un coup avec une force importante" à l'origine des lésions fatales. "Le décès n'est pas dû à une chute accidentelle" mais "on lui a frappé volontairement le crâne contre un plan dur", avaient ajouté les experts. Ces derniers avaient aussi relevé que le crâne avait "explosé comme une coquille d'oeuf", ce qui impliquerait une chute d'une hauteur "d'environ 8 mètres" et pas des 78 cm du lit.
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