© INTERNELe numéro deux présumé de l'appareil militaire de l'ETA, Harriet Aguirre, a été arrêté lundi en France, un an jour pour jour après le chef politique de l'ETA Mikel Albizu Iriarte, alias "Antza", lors d'une opération de coopération antiterroriste entre la France et l'Espagne. Le ministre espagnol de l'Intérieur, José Antonio Alonso, a annoncé l'arrestation d'Aguirre, qu'il a qualifié de "chef présumé des commandos" et "numéro deux de l'appareil militaire" de l'ETA, en même temps que celle de deux autres membres présumés de l'organisation.
Aguirre a été interpellé vers 6 heures du matin à Aurillac (Cantal) avec une femme, Idoia Mendizabal, et une troisième personne dont l'identité reste à déterminer, a déclaré José Antonio Alonso. Des sources françaises ont confirmé l'arrestation de ces trois personnes à Arpajon-sur-Cère. Les policiers français de la Division nationale antiterroriste ont aussi découvert des "armes à feu, dont un lance-grenades et un lance-roquettes", ont précisé ces sources. Le ministre espagnol a parlé d'une "opération très importante contre la direction de la branche militaire de l'ETA, la plus dangereuse" et a remercié les autorités françaises pour leur collaboration.
Aguirre, "objectif prioritaire" du groupe d'enquête franco-espagnol
Harriet Aguirre, 26 ans, est le lieutenant de Garikoitz Aspiazu, alias "Cherokee", actuel numéro un de l'appareil militaire, selon un communiqué du ministère espagnol de l'Intérieur. Aguirre était selon la même source "l'un des deux objectifs prioritaires" du premier groupe d'enquête mixte franco-espagnol dédié à la lutte anti-terroriste, créé en septembre 2004. L'autre "objectif prioritaire" de ce groupe d'enquête conjointe était Jon Joseba Troitino, arrêté en France en juillet. Aguirre a fait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré pour l'assassinat en 2001 du maire-adjoint de Lasarte (Pays Basque espagnol), Froilan Elespe Inciarte. Quant à Idoia Mendizabal, 28 ans, elle est réclamée par la justice espagnole pour un attentat commis en 2002 contre le dirigeant des jeunesses socialistes au Pays Basque espagnol et actuel député au Parlement de Madrid, Eduardo Madina, qui y avait perdu la jambe gauche. Elle est également soupçonnée d'avoir envoyé des courriers piégés à des journalistes espagnols, a indiqué une source proche du renseignement français.
Ces arrestations sont intervenues un an jour pour jour après celle du chef présumé de l'appareil politique, Mikel Albizu Iriarte, alias "Antza", et sa compagne, Soledad Iparragirre Genetxea, alias "Anboto", à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques). L'arrestation d'Antza avait permis les plus importantes saisies d'armes de l'ETA jamais réalisées, avec notamment la découverte de deux missiles sol-air de type Sam-7. La succession d'Antza a été prise par Josu Ternera, ancien dirigeant de l'ETA et ancien député de sa branche politique Batasuna aujourd'hui en fuite, selon les services secrets espagnols. Au cours de l'année écoulée, et en parallèle à son affaiblissement logistique, l'ETA a approuvé une proposition de règlement politique faite au gouvernement espagnol en novembre 2004 par son bras politique, le parti interdit Batasuna, pour mettre fin à un conflit qui a fait plus de 800 morts depuis 1968.
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