© AFPJean-Paul Steijns aurait voulu tuer ses trois enfants avant de se suicider en raison des difficultés matérielles du foyer. Ce dernier a initialement fait aux enquêteurs des déclarations "ubuesques, décalées et sans grande cohérence", a expliqué le procureur de la République, Jacques Beaume. Puis, il a fini par reconnaître avoir administré une "mixture médicamenteuse" aux deux enfants issus d'une précédente relation de son épouse, une fillette de huit ans et un garçon de sept ans. Concernant le bébé nouveau-né, dont il est le père, "l'état de décomposition avancée du cadavre" ne permet pas de connaître les causes précises de la mort, selon le procureur.
Le père de 36 ans a été écroué samedi soir après avoir été mis en examen pour assassinats par empoisonnement et homicide volontaire. Les chefs d'empoisonnement avec préméditation concernent les deux aînés tandis que celui d'homicide volontaire concerne le bébé, a-t-on précisé de source judiciaire. La mère des trois enfants, âgée de 26 ans, a été mise en examen pour "recel de cadavres" et laissée en liberté sous contrôle judiciaire.
Il y a plusieurs semaines
L'homme né en Seine-Saint-Denis et son épouse de 26 ans née à Aubagne (Bouches-du-Rhône) avaient été interpellés et placés en garde à vue jeudi à la suite de la découverte sur la terrasse de leur appartement marseillais du corps de leur dernier enfant, un nouveau-né dont "ni la date exacte de la naissance ni celle du décès n'ont pu être déterminées avec précision". "Rien ne permet de dire si l'enfant est mort-né ou s'il était viable", a dit M. Beaume. Le corps du bébé a été découvert par la police, venue procéder à l'expulsion du couple après plusieurs loyers impayés. Le couple avait quitté l'appartement deux semaines plus tôt pour se réfugier dans un hôtel de Salon-de-Provence.
Vendredi, sur les indications du père, les corps des deux autres enfants ont été trouvés dans une voiture à l'intérieur d'un garage à Marseille. Selon le médecin légiste, "le décès remonte à plusieurs semaines", a précisé le magistrat. Si l'autopsie a confirmé qu'"il n'y a pas de traces de coups de couteau ou de coups de feu, le médecin légiste ne peut pas dire avec certitude de quoi les deux enfants sont morts, compte tenu de l'état de décomposition avancée du corps", a ajouté le procureur. "Nous sommes donc suspendus aux analyses toxicologiques en cours dont les résultats seront connus dans deux à trois semaines", a-t-il ajouté.
"Toujours une énigme"
Les enquêteurs n'ont pas encore établi le rôle exact joué dans ce dossier par la mère, à qui son mari aurait pu aussi administrer des potions médicamenteuses, et qui est apparue "sans émotion", "comme prostrée". "La clandestinité de la mort des trois enfants et le fait qu'elle n'ait informé personne ne sont pas suffisants pour que nous requiérions contre elle du chef d'homicide volontaire ou d'empoisonnement", a cependant souligné le procureur.
La famille qui vivait dans un immeuble d'un quartier tranquille du centre-ville, "ne relevait pas du quart-monde. L'homme était plutôt un escroc dépassé, empruntant de l'argent à des amis ou à la famille". Son épouse, se décrivant comme "soumise", croyait que son mari était "chef d'entreprise". "C'est un dossier qui reste très partiellement une énigme", a conclu le procureur.
D'après AFP
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