
"Des évolutions (en termes de sécurité) sont possibles, on va travailler sur certaines mesures, notamment périmètriques", a indiqué à l'AFP Jérôme Harnois, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône, dont l'enceinte est située à quelques mètres seulement des premières résidences particulières.
Samedi, deux hommes cagoulés et armés de pistolets mitrailleurs sont montés sur le mur d'enceinte de l'établissement grâce à des échelles et ont aidé à s'évader deux hommes détenus pour des vols à main armé, blessant un policier dans leur fuite. Les quatre hommes étaient toujours en fuite dimanche malgré l'important dispositif mis en oeuvre.
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, s'était rendu dans la soirée à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône) et avait sollicité des "propositions du directeur de la prison et de l'administration pénitentiaire régionale pour compléter les mesures de sécurité au sein de l'établissement". Jérôme Harnois a estimé que les propositions seraient remises au ministre dans "une quinzaine de jours".
"Un coût de 800 000 euros"
Pascal Rossignol, délégué régional de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap), a affirmé à l'AFP qu'un "projet de périmètre de sécurité existe déjà, dans les tiroirs de l'administration pénitentiaire régionale", mais qu'il n'a jamais été concrétisé en raison d'un coût "que la direction estime à 800.000 euros". "Lors de sa visite hier soir, le ministre nous a bien fait comprendre que les crédits n'étaient pas extensibles, et que pour trouver cet argent, il faudrait le prendre ailleurs", a-t-il ajouté. "Mais si on veut garder en prison des détenus dangereux, il faut bien se donner les moyens", a-t-il poursuivi. Le syndicaliste a également souligné que le mirador nord de l'enceinte, qui a été attaqué par les assaillants, manque de visibilité. "Pour faire plaisir aux riverains, on a planté des sapins à proximité pour faire plus joli, mais les sapins ont grandi et on ne voit plus grand chose depuis la cabine du mirador. Le surveillant qui était en poste au moment de l'attaque n'a réalisé ce qui se passait que quand il a entendu le bruit métallique de l'échelle qui se posait contre le mur", a-t-il encore raconté.
Le directeur de la maison d'arrêt a, par ailleurs, démenti que le brouilleur de communication de son établissement soit en panne depuis six mois, comme l'a affirmé le délégué syndical dans un quotidien. "Il a été en panne il y a quelques semaines, mais il a été rapidement réparé", a-t-il assuré.
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