Polémique sur la sécurité à Villefranche

le 16 octobre 2005 à 14h48 , mis à jour le 16 octobre 2005 à 22h04

Alors que les deux évadés de samedi courent toujours, le directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône évoque la mise en place d'un périmètre de sécurité. Selon un syndicat de surveillant, le projet existe...dans un tiroir, faute de budget.

portail prison villefranche afp

"Des évolutions (en termes de sécurité) sont possibles, on va travailler sur certaines mesures, notamment périmètriques", a indiqué à l'AFP Jérôme Harnois, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône, dont l'enceinte est située à quelques mètres seulement des premières résidences particulières.

Samedi, deux hommes cagoulés et armés de pistolets mitrailleurs sont montés sur le mur d'enceinte de l'établissement grâce à des échelles et ont aidé à s'évader deux hommes détenus pour des vols à main armé, blessant un policier dans leur fuite. Les quatre hommes étaient toujours en fuite dimanche malgré l'important dispositif mis en oeuvre.

Le ministre de la Justice, Pascal Clément, s'était rendu dans la soirée à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône) et avait sollicité des "propositions du directeur de la prison et de l'administration pénitentiaire régionale pour compléter les mesures de sécurité au sein de l'établissement". Jérôme Harnois a estimé que les propositions seraient remises au ministre dans "une quinzaine de jours".

"Un coût de 800 000 euros"

Pascal Rossignol, délégué régional de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap), a affirmé à l'AFP qu'un "projet de périmètre de sécurité existe déjà, dans les tiroirs de l'administration pénitentiaire régionale", mais qu'il n'a jamais été concrétisé en raison d'un coût "que la direction estime à 800.000 euros". "Lors de sa visite hier soir, le ministre nous a bien fait comprendre que les crédits n'étaient pas extensibles, et que pour trouver cet argent, il faudrait le prendre ailleurs", a-t-il ajouté. "Mais si on veut garder en prison des détenus dangereux, il faut bien se donner les moyens", a-t-il poursuivi. Le syndicaliste a également souligné que le mirador nord de l'enceinte, qui a été attaqué par les assaillants, manque de visibilité. "Pour faire plaisir aux riverains, on a planté des sapins à proximité pour faire plus joli, mais les sapins ont grandi et on ne voit plus grand chose depuis la cabine du mirador. Le surveillant qui était en poste au moment de l'attaque n'a réalisé ce qui se passait que quand il a entendu le bruit métallique de l'échelle qui se posait contre le mur", a-t-il encore raconté.

Le directeur de la maison d'arrêt a, par ailleurs, démenti que le brouilleur de communication de son établissement soit en panne depuis six mois, comme l'a affirmé le délégué syndical dans un quotidien. "Il a été en panne il y a quelques semaines, mais il a été rapidement réparé", a-t-il assuré.

le 16 octobre 2005 à 14:48
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7 Commentaires

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  • Ludovic, le 16/10/2005 à 19h30

    Trés bonne analyse de ADNSTEP de Bordeaux. Tant que les forces sauront qu'à la moindre bavure ils auront de graves problèmes, ils préfereront laisser courir plutot sque de prendre ce risque. Suite logique de 20 ans de laxisme socialiste et de 10 ans de laxisme chiraquien.

  • Michot, le 16/10/2005 à 18h49

    Le surveillant du semaphore devait dormir pour ne pas avoir vu la voiture arriver le long du mur!!!!!

  • Franck, le 16/10/2005 à 18h32

    Les rondes de sécurité et de contrôle des personnes hors des murs de la prison par le personnel péntitentiaire existe mais faute d'effectifs, cette mesure n'a jamais été ou presque appliqué !! souci d'économie mais à quel prix !!!!

  • Vastre, le 16/10/2005 à 17h52

    Si les armes et téléphones entrent pendant les promenades, ne suffit-il pas de supprimer celles-ci ? C'est une mesure qui ne coûte pas grand chose.

  • Adnstep, le 16/10/2005 à 17h39

    "Le surveillant qui était en poste au moment de l'attaque n'a réalisé ce qui se passait que quand il a entendu le bruit métallique de l'échelle qui se posait contre le mur". Donc il avait encore le temps de tirer. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait? Parce qu'il sait que s'il avait tué les assaillants, il aurait eu un procès sur le dos, ou de la famille des malfrats (comme pour HB), ou du syndicat de ceci ou de cela. Donc il a laissé faire. Tant pis pour les futures victimes, et pour le policier qui a été bléssé. Ca ce passe comme ça, en France, en 2005.

  • Louis MARQUES, le 16/10/2005 à 16h25

    La loi doit dire en urgence que les fonctionnaires de l'administration pénitentiaire sont une force de sécurité publique qui participe au maintien de l'ordre public et peuvent intervenir en dehors des murs armés pour prévenir de tout incident. 800 000 euros ne sont pas necessaires si des brigades de surveillance générale pénitentaire (BSP),situées aux abords des établissements les plus sensibles, procédent à des rondes de sécurité , contrôles sur les personnes et interpellations en cas de flagrands délits. Il faut former cette administration à la culture du résultat plutôt qu'investir dans du matériel qui sans l'adhésion des agents, ne servirait à rien. S'adapter face à la montée de la violence par des individus armés. Ce n'est pas une questions de moyens mais de transformation des esprits à travers la loi car la pénitentiaire est prête à cela.

  • Montjoye, le 16/10/2005 à 15h57

    A l'époque des châteaux forts il y avait des fossés, des meurtrieres et des machicoulis ! monter avec une échelle était presque impensable sans ce prendre un bon coup de masse sur la tête ! peut être que les concepteurs de prison devraient se renseigner comment les châteaux médiévaux furent construit pour résister aux assauts et sièges d'autrefois, je suis sur que cela peu leur servir !

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