La reprise du trafic entre la Corse et le continent, dimancheLe Syndicat des travailleurs corses (STC, nationaliste) a décidé dimanche de débloquer tous les ports de Corse jusqu'à mardi, permettant aux derniers touristes en attente de quitter l'île, même si le conflit autour de la privatisation de la SNCM perdure. "C'est une mesure de responsabilité. Nous ne sommes pas des jusqu'aux-boutistes et nous sommes conscients de la situation dégradée", a déclaré dimanche le secrétaire national du STC-marins, Alain Mosconi.
Depuis samedi, le port d'Ajaccio avait recommencé à fonctionner après une intervention des forces de l'ordre. Plus de 5.000 passagers bloqués en Corse étaient déjà rentrés sur le continent grâce à des rotations de navires des compagnies Corsica Ferries et CMN depuis Ajaccio. 6.500 autres devaient suivre dimanche depuis Ajaccio grâce à six rotations de navires. Les mouvements ont repris également dès dimanche après-midi depuis Bastia. Les navires au départ d'Ajaccio ont été contrôlés au préalable par des démineurs "pour éviter des mauvaises surprises et rassurer les passagers", selon le préfet de Corse, Pierre-René Lemas, à la suite d'une alerte à la bombe anonyme lancée samedi contre tous les navires au départ de l'île.
Fausse alerte à la bombe à bord du Girolata
Une fausse alerte à la bombe avait été lancée par téléphone à 19H45 samedi par un correspondant anonyme au quotidien Corse-Matin : il précisait qu'une charge explosive, "de 52 g", avait été placée dans une voiture à bord du navire Girolata, le premier à quitter Ajaccio samedi. Il avait surtout annoncé que "des actions du même type" seraient menées contre "tous les autres navires" quittant Ajaccio, sans préciser de durée. Des démineurs et des équipes cynophiles avaient dû être dépêchés sur le Girolata dans la nuit alors que le navire se trouvait en pleine mer. Ils n'ont rien trouvé. Les passagers, endormis dans leur cabine, ne se sont aperçu de rien pour la plupart.
Reste qu'en dépit du déblocage temporaire des ports corses, le conflit à la SNCM qui est entré dimanche dans son treizième jour, est toujours dans l'impasse. Le président du Conseil d'administration doit convoquer lundi pour le 10 octobre le CA de la société publique afin de statuer sur un éventuel dépôt de bilan. Thierry Breton et Dominique Perben se rendront le même jour à Marseille pour "rencontrer à nouveau les partenaires sociaux" (lire : "Le gouvernement monte au créneau"). Les syndicats ont pour leur part manifesté samedi à Bastia et à Marseille pour rappeler leur opposition à toute privatisation. A Bastia, quelque 2.500 personnes selon la police, 8.000 à 9.000 selon les manifestants, ont défilé dans le calme au lendemain de la remise en liberté des quatre marins du STC ayant détourné un navire de la SNCM. Des heurts violents ont éclaté ensuite entre un groupe de jeunes encagoulés et les forces de l'ordre. Un policier a été roué de coups alors qu'un attentat visait une navette des douanes dans le port de Bastia.
Parallèlement au conflit de la SNCM, les employés du Port autonome de Marseille (PAM), bloqué depuis cinq jours, poursuivent leur grève jusqu'à lundi. Ils s'inquiètent des menaces de privatisation qui pèsent sur le port. La CGT du port a été rejointe par les dockers qui resteront pour leur part en grève tant que les forces de l'ordre qui ont dégagé samedi les accès au terminaux pétroliers du PAM, à Fos-sur-Mer et Lavéra, resteront en place.
Photo d'ouverture : la reprise du trafic entre la Corse et le continent, dimanche - DR
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