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Patrick Mauduit, commandant de police et conseiller technique à Synergie Officier, second syndicat d'officiers de police : "Non seulement nous sommes favorables à cette loi mais la police antiterroriste en a besoin. Nous savons qu'un jour la France sera victime d'attentats. Si le terrorisme est mondial, les structures qui frappent sont toujours issues du pays où les attaques sont perpétrées. Nous avons actuellement dans nos banlieues des gens qui sont formés à cela. Les attentats de Londres ont montré l'utilité de la vidéosurveillance. Certes, les caméras n'empêchent pas les terroristes de prendre le métro et de se faire exploser. Mais le travail fait ensuite, à travers les vidéos, a permis d'identifier en quatre jours les auteurs. Cela a permis d'empêcher en partie la deuxième vague d'attentats, et nous en sommes sûrs aujourd'hui, une troisième vague d'attaques.
Les défenseurs des droits de l'homme crient à l'atteinte au principe fondamental d'aller et venir. Le droit de chacun est aussi de pouvoir aller et revenir vivant de son travail ! Qu'on arrête avec Big Brother. On est déjà filmé quand on va à la banque ou quand on roule sur le périphérique. Ca ne me réjouit pas, mais il faut s'y habituer. Les frontières européennes ont reculé. Pour protéger nos villes, nous avons besoin de surveiller, d'avoir un accès aux fiches de ceux qui prennent le train et l'avion. Il est tout aussi logique que les opérateurs téléphoniques gardent leurs données plus longtemps. On peut un jour tomber sur un numéro de téléphone qui parlera aux enquêteurs, qui permettra de remonter des réseaux. La police et la justice doivent pouvoir s'adapter aux progrès techniques. Et c'est l'objectif de cette loi. Elle nous donne les moyens légaux de travailler. Et ce n'est qu'un premier pas. Dans quelques années, les députés devront à nouveau légiférer, notamment avec les progrès du net".
CONTRE
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme : "le projet de loi de Nicolas Sarkozy est inefficace est dangereux. Un des axes forts est le développement de la vidéosurveillance. Ca ne sert à rien ! Londres possède deux à trois fois plus de caméras que Paris. Cela n'a pas empêché les attentats. A quoi ça sert de repérer des visages, après coup, sachant que les terroristes se suicident ? Force est de constater qu'aujourd'hui l'enquête de Scotland Yard piétine. Idem concernant le contrôle des mails et des téléphones. Depuis des années, les Etats-Unis, via Echelon, accumulent des milliards de données. Cela a-t-il empêché les attentas du 11 septembre ? Que les gens aient peur, c'est normal. Mais le rôle d'un responsable politique est de leur dire la vérité, à savoir que la sécurité à 100% n'existe pas, et non de faire de la gesticulation avec ce genre de mesures. Ce qui paie, ce sont les enquêtes de longue durée et les infiltrations... mais voilà, c'est trop discret, ce n'est pas " payant " pour un politique. Avec toutes ces mesures de surveillance, nous devenons tous potentiellement suspects. Nos droits élémentaires (vie privée, droit d'aller et venir) sont bafoués. Même la CNIL, pourtant présidée par un sénateur UMP a émis de sérieuses réserves sur ce texte qui fait disparaître nos libertés devant la menace terroriste. Pire, on nous fait renoncer à ce que sont nos sociétés. En montrant nous-même que notre modèle démocratique ne fonctionne pas, on offre une victoire fantastique à Ben Laden".
Photo afp
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