
Le débat s'annonce tumultueux mercredi et jeudi à l'Assemblée nationale, où sera examinée en deuxième lecture la proposition de loi UMP sur la récidive qui veut imposer le port du bracelet électronique aux criminels les plus dangereux. Nicolas Sarkozy a profité mardi de l'installation d'une délégation aux victimes au ministère de l'Intérieur pour répéter sa "détermination" à porter ses idées sur la récidive devant l'Assemblée nationale, qui examine ce mercredi une proposition de loi UMP. "On me parle souvent des droits de l'homme. J'aimerais que l'on considère désormais que les droits de l'homme, c'est également, et sans doute d'abord, les droits de la victime", a-t-il dit devant des associations de défense de victimes."Je ne veux plus que des familles se retrouvent en état de demander : Pourquoi avez-vous laissé un monstre s'installer à côté de chez moi ?", a expliqué le ministre à des journalistes.
En juin, Nicolas Sarkozy, empiétant sur le domaine de compétence du garde des Sceaux Pascal Clément, avait relancé le débat sur les récidivistes en demandant un durcissement de la législation. Cette demande survenait après le meurtre d'une joggeuse, Nelly Crémel, par un homme en liberté conditionnelle pour une condamnation à perpétuité pour l'assassinat d'une femme. Sur ce thème, il s'était déjà opposé au prédécesseur de M. Clément, Dominique Perben, quand il avait proposé d'instaurer des peines automatiques pour les récidivistes, ce que le garde des Sceaux refusait.
De manière moins directe que le 27 septembre, quand il avait dit son souhait d' "imposer" un "suivi médicamenteux" aux délinquants sexuels récidivistes, Nicolas Sarkozy a répété ses réserves sur le caractère volontaire du suivi socio-judiciaire prévu par la loi du 17 juin 1998: "Ce n'est pas acceptable, ni pour les victimes, ni pour la société ! Je veux que ces soins soient plus systématiquement mis en oeuvre, pour devenir une condition suspensive à la sortie de prison".
Loi Kouchner remise en cause
Sans répéter son souhait de voir entrer dans le code pénal le principe des "peines planchers", Nicolas Sarkozy a dit sa volonté de durcir "les conditions de l'accès à la libération conditionnelle (...) pour les criminels les plus dangereux". Il souhaite remettre en cause, pour "les auteurs de crimes odieux ou en série", la loi Kouchner qui prévoit une suspension de peine pour les détenus malades dont l'état de santé nécessite des soins à l'extérieur. Il faut "supprimer la possibilité d'accorder à un condamné une suspension de peine pour raison médicale, en cas d'atteinte particulière à l'ordre public". Dans ces cas-là, "les soins devraient être pratiqués sous régime de détention". Après la sortie, Nicolas Sarkozy souhaite un contrôle accru du condamné, avec l "extension du bracelet électronique" et un pointage "plus régulier" des délinquants sexuels récidivistes. Un "fichier national des convocations par officier de police judiciaire" devrait être créé pour "centraliser et recouper toutes les informations sur un récidiviste".
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