Sécurité renforcée à Clichy-sous-Bois

le 28 octobre 2005 à 19h46 , mis à jour le 28 octobre 2005 à 21h28

Des renforts de police ont été envoyés dans la ville frappée, durant la nuit de jeudi à vendredi, par des émeutes déclenchées après la mort de deux jeunes. Ils ont été électrocutés dans un transformateur EDF, apparemment en fuyant la police. Le maire a réclamé une enquête indépendante. Nicolas Sarkozy promet "toute la vérité".

clichy_emeutes_renforts_policeRenforts de police déployés à Clichy-sous-Bois vendredi soir

La police a renforcé sa présence à Clichy-sous-Bois vendredi soir, au lendemain d'émeutes après l'électrocution de deux adolescents dans un transformateur, attisées par une rumeur de course-poursuite démentie par l'Intérieur et le parquet. Deux des trois jeunes qui se sont introduits jeudi soir dans ce transformateur EDF, situé au fond d'une impasse, ont été tués et le dernier grièvement brûlé.

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    Publié le 10/09/2010 Mort de Zyed et Bouna : non-lieu requis pour les policiers
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Le drame s'est noué jeudi après-midi. Vers 17h30, des policiers de la "BAC 833" (brigade anticriminalité) sont appelés pour des dégradations sur un chantier à Livry-Gargan, près de Clichy, où ils interpellent six jeunes, relâchés quelques heures plus tard. Trois autres prennent la fuite. "Au vu des premiers éléments recueillis et des auditions effectuées, notamment de la troisième victime présente dans le local transformateur (...), il apparaît que les trois adolescents ont décidé de prendre la fuite à la vue du contrôle d'identité effectué à Livry-Gargan", selon un communiqué du parquet de Bobigny. "Bien que n'étant pas poursuivis, ils ont décidé, en dépit des avertissements de danger mortel, d'escalader le mur d'enceinte du site EDF", a souligné le procureur. Appelés pour secourir les trois jeunes, les sapeurs-pompiers ont découvert le corps inanimé de Ziad, 17 ans, et de Banou, 15 ans, dans l'enceinte du transformateur, sorte de cube à ciel ouvert de trois mètres sur trois protégé par un grand portail et des barbelés. Le troisième, 21 ans est hospitalisé.

"Il n'y a aucune polémique à entretenir"

Selon le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, "aucun policier ne poursuivait ces jeunes gens au moment" des faits. "Il n'y a aucune polémique à entretenir", a-t-il estimé. Il a expliqué que les six jeunes interpellés étaient entendus au commissariat lorsque "à 18h12 s'est produit une coupure de courant" consécutive au "drame". Les trois jeunes sont parvenus au transformateur après avoir "escaladé un mur d'enceinte de 4 mètres de haut, puis un second de 5 mètres", a indiqué Nicolas Sarkozy en présence du préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet, du directeur départemental de la Sécurité publique, Jacques Méric, et du maire socialiste de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain. "J'appelle chacun à garder son calme, toute la vérité sera faite sur ce drame", a assuré le ministre, qui a demandé un rapport à l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices). Le maire a néanmoins demandé une "enquête neutre et indépendante". "On le doit aux familles, à cette ville et à ceux dont il faut désamorcer la colère", a-t-il dit, évoquant le "risque que ça recommence".

Les échauffourées qui ont suivi le drame ont été alimentées par la rumeur d'une course-poursuite avec la police. Des rassemblements se sont formés dans l'heure, puis ont dégénéré en émeutes. La préfecture a fait état de "mouvements de voitures importants, y compris d'autres départements". 190 policiers sont intervenus, sporadiquement, dans différents quartiers de la ville, où le calme est revenu vendredi vers 3 heures du matin, sans qu'on déplore de blessés. Vendredi matin, des restes d'une trentaine de véhicules calcinés, des vitrines brisées, des abri-bus vandalisés témoignaient de la violence des échauffourées, au cours desquelles des engins des pompiers, le centre de secours et d'autres bâtiments ont été endommagés.

Dans l'après-midi, plusieurs dizaines de policiers se sont discrètement positionnés. Nicolas Sarkozy a demandé l'envoi de renforts de police à Clichy pour "dissuader tous ceux qui voudraient profiter, exploiter la douleur des autres, en se livrant à des violences". Une marche silencieuse est prévue samedi matin au départ de la mairie à l'initiative d'habitants encore sous le choc des événements.

Un homme battu à mort à Epinay-sur-Seine

L'homme d'une cinquantaine d'années battu à coup de poings et de pieds par plusieurs jeunes gens, jeudi en fin d'après-midi à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), est décédé dans la nuit, a-t-on appris de source policière. L'agression s'était produite dans le quartier réputé "sensible" d'Orgemont. La victime, étrangère au quartier, se promenait rue de Marseille avec sa femme et sa fille en prenant des photos de lampadaires lorsqu'il a été agressé par plusieurs personnes. Il a été roué de coups de poings et de pieds. La police avait précisé jeudi qu'il avait été "massacré". La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne a été saisie de l'enquête qui s'avère "difficile et complexe", selon la source.

Photo d'ouverture : renforts de police déployés à Clichy-sous-Bois vendredi soir - DR
le 28 octobre 2005 à 19:46
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