
Le blocus de la Corse a été levé. Mais la détermination des marins mobilisés contre la privatisation de la SNCM n'a pas été entamée. Ni sur l'île de Beauté, ni à Marseille.
Samedi à l'aube, 150 policiers et gendarmes sont intervenus sur le port d'Ajaccio afin d'en libérer les accès bloqués par des mouvements sociaux d'opposition à la privatisation de la compagnie maritime. "Notre objectif est de rendre libre à la circulation le port d'Ajaccio, dans un premier temps pour permettre aux très nombreux touristes bloqués en Corse de partir", a expliqué le préfet de Corse, Pierre-René Lemas.
Rapatriement
Plus de 15.000 personnes seraient bloquées dans l'île. Dès qu'ils ont appris que le port d'Ajaccio avait été dégagé, les touristes se sont rués. Un premier navire de la Compagnie méridionale de navigation (CMN) a appareillé dans l'après-midi pour Toulon. A son bord, 600 touristes bloqués depuis quatre jours.
Le port de Bastia était en revanche toujours bloqué, et des touristes en rade se sont rassemblés en collectifs. Et d'exiger des "moyens gouvernementaux" pour les "rapatrier" si le conflit perdure. Le trafic est revenu à la normale dans les aéroports de Bastia et d'Ajaccio, bloqués la veille par une grève des pompiers et des agents au sol du Syndicat des travailleurs corses (STC). Des milliers de personnes ont manifesté dans le calme contre la privatisation de la SNCM mais à la dispersion, des échauffourées ont opposé des jeunes encagoulés aux CRS. (Lire notre article).
"La lutte continue"
A Marseille, le port est resté paralysé samedi. Des forces de l'ordre sont intervenues pour dégager les accès aux terminaux pétroliers à Fos et Lavéra. Les militants tenant les piquets de grève ont obtempéré mais, quelques heures plus tard, les dockers de Marseille et de Fos se mettaient en grève. Les marins CGT ont décidé de continuer leur grève jusqu'à lundi.
La tension s'était apaisée vendredi soir après la remise en liberté des quatre marins STC mis en examen pour le détournement du Pascal Paoli. Dès sa sortie du palais de Justice de Marseille, l'un d'entre eux, le leader syndicaliste Alain Mosconi a appelé au calme en Corse. Samedi matin, une explosion de joie a salué leur retour sur l'île de Beauté. "La lutte continue bien entendu", a déclaré Alain Mosconi.
| "L'Etat doit rester le plus longtemp possible" |
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(Image LCI : les CRS dans le port d'Ajaccio)
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