Vibrant plaidoyer de Chirac pour la Turquie

le 04 octobre 2005 à 15h08 , mis à jour le 06 octobre 2005 à 11h58

Le chef de l'Etat a réaffirmé mardi avec force son soutien à l'intégration européenne de la Turquie tout en soulignant que le processus d'adhésion serait long et difficile, et que l'issue n'en était pas acquise.

Chirac

Après un long silence dû à son hospitalisation, Jacques Chirac avait hâte de réinvestir le débat public. Le sommet fanco-italien de mardi à Paris lui en a donné l'occasion. Après son entretien avec Silvio Berlusconi, il a répondu aux questions de la presse, abordant notamment deux sujets chauds : le débat sur la Turquie et les suppressions d'emploi en France.

Sur le dossier turc, le président de la République a rappelé avec vigueur sa position qui diffère de celle de l'UMP et de son président Nicolas Sarkozy. Il est en effet favorable à l'entrée d'Ankara dans l'Union européenne. " Si dans un mouvement d'humeur un peu léger, une réaction épidermique, on dit " ils ne sont pas Européens, qu'ils s'en aillent ", qui nous dit que cet ensemble ne basculera pas dans l'intégrisme ?", s'est-il demandé. "Vous vous rendez compte de la responsabilité que l'on prendrait ?", a-t-il ajouté.

Evoquant des affirmations et sondages selon lesquels les Français seraient hostiles à cette adhésion, il s'est interrogé : "qui vous permet aujourd'hui de dire ce que les Français voudront dans 15 ans ? Au nom de quels principes quelqu'un s'arroge le droit de parler au nom de nos enfants, ou de nos petits-enfants ?". Puis Jacques Chirac a détaillé point par point les raisons de sa position en faveur de l'intégration de la Turquie. "Il faut un peu penser à l'avenir", a-t-il dit. "Nous voulons laisser à nos enfants un espace aussi large que possible où soient réellement enracinées la paix et la démocratie"".

"On aurait pu rester à six, mais ça ne répond à aucune exigence de l'avenir en matière de paix et de démocratie", a martelé le chef de l'Etat pour qui "cet espace de paix, de démocratie et de puissance impose la présence de la Turquie". ll a jugé "légitime qu'un peuple qui veut rallier nos valeurs puisse le faire". "Il apporte une puissance considérable et donne à l'Europe la dimension nécessaire pour exister dans le monde de demain", selon le chef de l'Etat. Le président a rappelé qu'entrer dans l'Union imposait à la Turquie de faire "tous les efforts nécessaires" pour adhérer à "la totalité" de ses valeurs.

"La Commission évolue de concession en concession"

Autre sujet abordé par Jacques Chirac, la question de l'emploi. Et une nouvelle fois, Jacques Chirac a accusé la Commission européenne de ne pas défendre les intérêts économiques et sociaux européens, regrettant notamment que Bruxelles se soit "désintéressé" du dossier Hewlett Packard. "La Commission, qui évolue de concession en concession, (...) ne donne pas le sentiment de défendre les intérêts européens", a dit le président français. "Est-ce qu'il est légitime et normal que le Commission se désintéresse d'un problème" né de la décision du groupe informatique Hewlett Packard de supprimer 1.240 emplois en France ?, a souligné Jacques Chirac. "C'est l'une des raisons qui explique le désaveu actuel de l'Europe", a-t-il ajouté. "Il y a un problème qui doit être examiné " sans donner plus de précisions.

le 04 octobre 2005 à 15:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

16 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bob, le 04/10/2005 à 16h58

    Chirac vibre, mais apparemment pas au diapason avec son peuple :-(

  • Mouss, le 04/10/2005 à 16h49

    Bravo, chirac pour une fois qu'il ne fait pas de demagogie.... encore bravo

  • Alain, le 04/10/2005 à 16h41

    Vivement que Chirac, dit le traître, aille en maison de retraite.

  • GV, le 04/10/2005 à 16h34

    Au nom de quels principes quelqu'un s'arroge le droit de parler au nom de nos enfants, ou de nos petits-enfants ?". Et lui, au nom de quoi se permet il de parler au nom d'un peuple qui l'a désavoué il y a quelques mois et massivement? Il croit encore qu'il a été élu a 80 % des voix? Personne ne lui a dit qu'il était la moindre des catastrophes possibles? Et encore on s'est peut être trompés.

  • Un membre UMP, le 04/10/2005 à 16h32

    C'est bien mon grand, continue comme ça et tu verras ce qui va t'arriver en 2007 Chirac, tu nous a trahi !

  • John, le 04/10/2005 à 16h27

    Il n'a toujours rien compris, lui !

  • Pierre, le 04/10/2005 à 16h21

    "qui nous dit que cet ensemble ne basculera pas dans l'intégrisme ?" Qui vous dit M. chirac que les francais sont comme vous et veulent ceder a la menace de l'integrisme terroriste ? Au fait, les interets economiques et l'emploi... vous n'y avez pas pense avant le non au referendum...

  • Olivier, le 04/10/2005 à 16h05

    Chirac aura un jour à répondre de toutes les trahisons et avanies dont il s'est rendu coupable vis à vis du peuple français. Celle ci n'est en qu'une de plus. La colère gronde dans le peuple, le dépoussierage des guillotines n'est pas si loin.

  • Justice, le 04/10/2005 à 15h59

    Existe-t-il quelqu'un qui soit Chirac pour l'international, et qui soit Jospin pour le national...Car jusqu'ici, il fait un sans faute pour l'international, ce Chirac. Et pour les racistes, je vous signale que dans la carte europeenne, il n'y a aucune reference a une europe chretienne !!!

  • Juan, le 04/10/2005 à 15h58

    Son altesse le Président Moi Je est de retour !

Lire tous les commentaires

      logAudience