Villepin : "Défendons notre modèle"

le 06 octobre 2005 à 21h33 , mis à jour le 07 octobre 2005 à 13h24

Invité de France 2 jeudi soir, le Premier ministre a indiqué qu'il souhaitait relancer le dialogue avec les partenaires sociaux dans les semaines à venir. Il a proposé la mise en place d'un "ticket transport" sur le modèle du "ticket restaurant" et défendu le modèle social français que Nicolas Sarkozy souhaite remettre en cause.

Dominique de Villepin France oct 2005 © DR
  • Reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux 

Suite au mouvement social du 4 octobre, Dominique de Villepin a annoncé jeudi soir sur France 2 vouloir proposer aux partenaires sociaux des discussions "franches et rapides" : le premier dossier sera celui de la "sécurisation des parcours professionnels" car "aujourd'hui on a plusieurs emplois (au cours de sa carrière) et on doit parfois apprendre plusieurs métiers". Dans ce cadre, il faut "développer un crédit formation", destiné aux jeunes qui sortent de l'école sans qualification, qui pourrait être "d'un ou deux ans" et qu'ils pourraient "prendre tout au long de la vie, de façon à pouvoir modifier leur parcours". Le Premier ministre a également souhaité renforcer la validation des acquis de l'expérience (VAE) tant dans le secteur public que dans le privé et l'accompagnement personnalisé des demandeurs d'emploi.

Les autres thèmes sur la table seront le moyen de "mieux récompenser le travail, faire en sorte que le pouvoir d'achat puisse s'améliorer" et la "réduction des inégalités". A cet égard, le Premier ministre a notamment proposé un "service public d'orientation pour l'université" pour aider les jeunes mieux à s'intégrer dans le marché du travail. Il a également souhaité une nouvelle loi sur l'égalité hommes-femmes et des discussions sur la discrimination.

  • Présidentielle 

Sur la candidature de Sarkozy : "On peut difficilement déclarer sa candidature à l'Elysée et rester dans un gouvernement qui s'est fixé pour mission, jusqu'au dernier jour, de servir les Français (...) Nicolas Sarkozy a choisi d'entrer dans ce gouvernement et il y a toute sa  place."

Sur la sienne : "Il y aura un temps pour l'élection présidentielle de 2007 (...) Je ne me pose pas ces questions, pour une raison simple: je ne pourrais pas bien remplir ma mission de Premier ministre si je me (les) posais. J'ai suffisamment de problèmes sur la table".

  • Ticket transport

Le Premier ministre veut proposer aux partenaires sociaux l'instauration d'un ticket transport" à destination des salariés, "pour prendre en compte les frais de transports qui se sont considérablement accrus".

  • Fonctionnaires 

Alors que 70.000 fonctionnaires vont partir à la retraite tous les ans pendant les prochaines années, "pourquoi, pour ceux qui ne seront pas remplacés, ne pas faire en sorte que  50% des économies qui soient faites abondent le budget de l'Etat pour désendetter l'Etat, et 50% aillent au pouvoir d'achat des fonctionnaires".

  • Défendre le modèle social français 

"N'opposons pas une France à une autre". "Adapter, moderniser oui, mais défendons notre modèle", a estimé le Premier ministre. "Ce combat-là, je n'appelle pas ça la rupture. Ce combat-là, c'est la fidélité, c'est la continuité de ce que nous sommes mais par la modernisation".

  • Forfait de 18 euros sur les actes médicaux lourds 

"Nous avons pris soin de veiller à ce que les catégories qui étaient  les plus touchées -les bénéficiaires de la CMU, les femmes enceintes, les  personnes en maladie longue durée-, n'aient pas à payer ce forfait de 18 euros.  Ca fait six millions de personnes au total qui sont exemptées de cette mesure (...) On peut concilier à la fois une mesure rationnelle et prendre en compte la situation de ceux qui sont dans la difficulté. On peut être à la fois social et soucieux d'une bonne gestion. On ne peut pas me dire 'où va le déficit de la  sécurité sociale?' et refuser que je prenne des mesures."

  • SNCM

Dominique de Villepin a déclaré jeudi qu'il "n'y avait pas d'autre option possible" que le plan de reprise proposé par le gouvernement pour la SNCM, qui ne prévoit "aucun licenciement sec". "Nous avons sur la table une bonne offre qui doit assurer la viabilité de l'entreprise. Aujourd'hui, les salariés détiennent en leur main la clé d'une solution. Nous avons fait notre part du chemin. Nous ne pouvons pas aller plus loin. Il n'y a pas d'autre option possible", a martelé le Premier ministre sur France 2.

  • Ouverture du capital d'EDF 

"Je veux, avant de pouvoir envisager cette augmentation de capital, deux  choses. La première, c'est un engagement de service public de la part d'EDF. Il faut que l'ensemble des services publics soient assurés de façon égale sur tout le territoire. Je souhaite que pour les plus défavorisés, l'entreprise publique puisse prendre un engagement". Deuxième élément: je veux qu'elle prenne l'engagement qu'elle fera les investissements nécessaires pour assurer son développement".

  • La Turquie dans l'UE 

"Je suis favorable à l'adhésion, et dès lors que la Turquie manifestera tout au long du processus sa volonté (et) que l'Europe aura les  moyens le moment venu d'absorber parmi ses Etats-membres la Turquie." "Je suis pour l'ouverture des discussions avec la Turquie. Savoir où cela nous mènera, dans dix ou quinze ans, nous le verrons (...) Il y avait deux écueils à éviter à l'occasion de ce débat sur la Turquie.  Le premier, c'était de nouvelles divisions européennes (...) La deuxième  exigence, c'est qu'il ne fallait pas, et ça c'est l'intérêt géostratégique de toute l'Europe, claquer la porte de l'Europe au nez de la Turquie qui attend  depuis de nombreuses années".

le 06 octobre 2005 à 21:33
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8 Commentaires

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  • Alain, le 07/10/2005 à 12h31

    Ma réaction se résume en ces quelques mots: Un grand bravo à monsieur le premier ministre. Ce fut un grand débat, beaucoup d'aisance et de prestance, une volonté réelle d'action et de mobilisation de toutes les françaises et tous les français. Un inébranlable patriotisme ; la passion pour la France, une confiance affichée et défendue des capacités économique, culturelle et sociale de la France. Cela se confirme, c?est l?homme de la situation, c?est l?homme de l?avenir. Pendant que d?autres se plaignent de migraines, lui, il est au service de la France et des français, travaille pour répondre à leurs inquiétudes, sans démagogie ni petites phrases populistes. Et c?est ainsi que l?on distingue d?un côté un vrai homme d?Etat et de l?autre un saltimbanque ! Pourquoi devrons-nous attendre jusqu?en 2007 alors que tout est devenu si clair et net ? Anticipons les élections ? ne trouvez-vous pas l?idée défendable ?

  • Alex, le 07/10/2005 à 10h15

    J'ai écouté le premier ministre je dois dire qu'il est maître dans l'art de détourner les questions pour ne pas y répondre... Il sait très bien enrober le vide de son discours de mots et de phrases très ampoulés pour faire croire qu'il répond aux sujets abordés.. Très fort en langue française ce monsieur mais pour ce qui est de répondre aux questions des français rien de nouveau sous l'horizon....

  • MB, le 07/10/2005 à 09h45

    J'ai regardé un peu cette émission. Villepin je le trouve trop politiquement correct, il répond à coté des questions. Il nous sort de belles paroles notamment sur la dépression du pays alors que le problème semble très ancré et plus profond qu'on le pense. J'ai l'impression qu'il ne se démarque pas assez de la gauche, on croirait entendre Chirac, ou meme Hollande. Cela fait plus de 20 ans que les français se font berner par des belles paroles de la droite et de la gauche. Sarkozy lui a au moins le mérite de mettre carrément les pieds dans le plat, il brise les tabous, répond de facon plus directe. Je crois que la rupture qu'il prone est en effet nécessaire.

  • Housseau, le 07/10/2005 à 09h13

    L'action de Dominique de Villepin sort un peu des sentiers battus, mais le discours reste encore assez évasif. Il a raison de dire qu'il faut préserver le modèle social français.

  • Philippe, le 07/10/2005 à 09h04

    Pauvre France, il n'y a pas grand chose à dire, le même bla bla bla depuis 25 ans.

  • Dan, le 07/10/2005 à 07h15

    "récompenser le travail....", curieux terme, les salariés veulent une juste rémunération, sans eux l'entreprise n'est rien...Ce ne sont pas des "phoques" qu'on récompense avec une queue de sardine quand ils on fait leur numéro...!!!

  • Alain, le 07/10/2005 à 01h33

    Il n'y a pas de modele social Francais. Il faut arreter de se prendre pour le phare du monde alors que nous ne sommes qu'un petit pays endette et sans idee. Le seul modele qui marche est celui qui recompense le travail et non l'oisivete

  • Steph, le 06/10/2005 à 22h05

    Je ne sais pas pourquoi, mais avec ce blocage de la SNCM, quelque chose me dit qu'on se rapproche de la fin de la 5ème république...

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