Violences urbaines : Sarkozy veut une guerre "sans merci"

le 19 octobre 2005 à 17h11 , mis à jour le 20 octobre 2005 à 09h20

Le ministre de l'Intérieur a annoncé mercredi le déploiement de 17 compagnies de CRS et sept escadrons de gendarmerie dans les banlieues chaudes. Ils ne seront plus chargés d'assurer l'ordre public mais d'interpeller les délinquants. Des déclarations faites à l'occasion du troisième anniversaire des groupes d'intervention régionaux.

sarkozy ajaccio 13 octobre

"Les violences urbaines, les voitures qui brûlent, les trafics de drogue, les occupations de halls d'immeuble, l'économie souterraine, on leur déclare une guerre sans merci. Maintenant, ça suffit !". Les propos sont signés Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Intérieur les a prononcé mercredi devant les  chefs des Groupes d'intervention régionaux (cf encadré) réunis place Beauvau pour fêter leur troisième anniversaire. "J'ai dit qu'il fallait nettoyer, on va faire comme un sou neuf", a ajouté le ministre de l'Intérieur en allusion à une déclaration qu'il avait faite en juin à la cité des 4.000 à la Courneuve et qui avait suscité une polémique. Après la mort d'un petit garçon tué lors d'une fusillade entre bandes  rivales, M. Sarkozy avait dit son intention de "nettoyer au Kärcher" le quartier. "J'ai besoin que vous ayez faim. Si vous n'avez pas bon appétit, faites autre chose!", a-t-il lancé aux responsables des GIR en exigeant "dans les six mois qui viennent", "des résultats forts". "Vous êtes l'arme idoine pour porter le fer dans la plaie", a encore exhorté le ministre qui s'en est pris aux "clans et  véritables mafias qui polluent un certain nombre de nos quartiers". Contre l'économie souterraine, il veut une "relance spectaculaire de  l'action des GIR", notamment en travaillant sur les patrimoines des délinquants, et l'"implantation des services de renseignements dans un certain nombre de quartiers pour essayer de comprendre comment ça fonctionne".

Dispositf remanié et renforcé

Nicolas Sarkozy a également confirmé le changement du mode d'intervention des CRS et des gendarmes  mobiles dans ces quartiers "où la vie n'est plus possible" et où ils ne seront plus envoyés "pour faire de l'ordre public mais pour interpeller". Dix-sept compagnies républicaines de sécurité (CRS) et sept escadrons de  gendarmerie mobile seront spécifiquement attachés à cette mission.  "Ils iront dans les quartiers avec des moyens de vidéosurveillance pour obtenir des preuves judiciaires de l'implication d'un certain nombre", a déclaré le ministre. Ils seront dotés de nouvelles armes, non létales, adaptées à cette mission.

Les GIR en chiffres

Depuis leur création en mai 2002, les vingt-neuf GIR ont traité 1 731 affaires, placé 3.295 personnes sous mandat de dépôt et 425 sous contrôle judiciaire. Ils ont saisi 1.360 armes de toutes sortes et de tous calibres et 1.244 véhicules. En matière de stupéfiants, 4,759 tonnes de résine de cannabis, 52.785 comprimés d'ecstasy, 66,8 kilos d'héroïne et 47,5 de cocaïne ont été saisis. Enfin, sous forme de saisie pure, de sommes bloquées sur des comptes bancaires ou en contre-valeurs de meubles et immeubles, les GIR ont "frappé les trafiquants et acteurs de l'économie souterraine là où ça leur fait mal : au portefeuille" comme le souhaite Nicolas Sarkozy en saisissant 26.789.667 euros.

le 19 octobre 2005 à 17:11
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience