© TF1A l'énoncé du verdict, il a simplement hoché la tête. Pierre, un adolescent de 15 ans, a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle par le tribunal pour enfants de Rouen pour avoir tué ses parents et son frère et grièvement blessé sa soeur en octobre 2004 dans leur maison familiale de Seine-Maritime.
La procureure Marie-France Magrin avait requis 20 ans de prison, la peine maximale. L'avocat de Pierre, David Fillon, s'est néanmoins déclaré "très déçu" par cette "peine lourde". Dans sa plaidoirie, il avait auparavant appelé le tribunal à "l'indulgence". "Juger un enfant de cet âge là pour des crimes pareils, c'est bouleversant", avait reconnu vendredi matin le procureur de la république Josef Schmit.
"Préjudice considérable"
Deux experts ont réaffirmé que Pierre était responsable de ses actes. Au moment des faits, il souffrait d'"une altération importante de ses facultés mentales" mais pas "d'abolition de son discernement", selon eux. Cette altération ne constitue pas, pour Josef Schmit, une cause de réduction de la peine, d'autant que Pierre bénéficie de l'excuse de minorité sans laquelle il serait passible de la réclusion à perpétuité.
Le procureur a précisé que "les raisons précises pour lesquelles il avait commis" son acte n'avaient pas été clairement établies. L'expert psychiatre Jean-Claude Chanceau a défini la famille de Pierre comme "extraordinairement ordinaire". L'adolescent a plusieurs fois évoqué des mauvais traitements de sa mère pour expliquer son incompréhensible tuerie.
Dans sa plaidoirie, Me Arnaud de Saint Remy, l'avocat de plusieurs membres de la famille de Pierre, dont sa soeur survivante Marion, qui n'a pas assisté au procès, a réclamé justice et réparation pour un "préjudice considérable". Il a demandé que Pierre exprime des "regrets individuels". Le jeune garçon avait jeudi, pour la première fois, dit avoir des regrets "pour tout le monde", alors qu'auparavant il n'avait jamais dit regretter d'avoir tiré sur sa mère et son père.
"Un acte de pure vengeance"
L'avocat s'est interrogé sur la sincérité de ces regrets, notant que Pierre semblait depuis être "retourné dans sa carapasse". Pour lui, Pierre a commis un "acte de pure vengeance". "Il fallait du sang froid pour faire ce qu'il a fait. On ne peut pas réussir ce geste sans avoir mûrement réfléchi", a-t-il ajouté. Tout au long de son procès, Pierre a été calme, ne versant que de temps en temps des larmes et répondant posément aux questions de la juge.
Le drame s'est noué le 27 octobre dans la maison d'Ancourteville-sur-Héricourt, après le déjeuner. Le père était parti au travail, la mère sortie avec le petit frère de 4 ans et la soeur de 11 ans allée à la piscine. Pierre écrivait une rédaction, quand, "d'un seul coup", il eu "l'idée de tuer ses parents".
Il a pris le fusil de chasse de son père et s'est installé au salon où il a regardé une cassette du dessin animé "Shrek". Entre 15H00 et 17H30, il a tiré successivement sur sa mère, sa soeur, son petit frère et son père, le dernier a être rentré à la maison. Entre deux exécutions, il retournait regarder "Shrek".
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