
Faut-il envoyer l'armée dans les banlieues pour que cesse la violence ? "Nous n'en sommes pas là ", a répondu lundi soir le chef du gouvernement Dominique de Villepin au 20 heures de TF1. En fin de semaine dernière, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, avait le premier réclamé l'envoi des troupes dans les banlieues. Lundi, c'était au tour du maire socialiste de Noisy-le-grand, Michel Pajon de "sonner le tocsin". Et dans les banlieues touchées par les violences de ces 12 derniers jours, la question revient souvent dans la bouche des victimes.
Interrogé par tf1.fr, l'Etat-major des armées a affirmé qu'une intervention militaire n'était "absolument pas d'actualité". "Nous n'avons reçu aucune consigne, et c'est normal, car l'armée n'intervient sur le territoire que si aucune autre force ne peut remplir sa mission, ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui, explique le colonel Dubois, directeur de la communication de l'Etat-major. "Avec ce type de violences, il faut faire attention à ce que l'on fait, commente un autre officier. Déployer des soldats et des chars sur son propre territoire, ce n'est pas rien et je ne suis pas sûr que ce soit l'idéal pour ramener le calme". "La question d'une intervention militaire se posera peut-être le jour où les jeunes balanceront des roquettes ou en cas de situation insurrectionnelle comme lors de la guerre d'Algérie", poursuit un autre militaire, avant d'ajouter qu'"on n'en est pas là du tout".
Même analyse au ministère de la Défense : "sauf en état de siège, ou sur réquisition du préfet départemental, les forces armées ne peuvent intervenir pour des opérations de maintien de l'ordre". Et de rappeler l'existence de l'instruction ministérielle 500, datée du 9 mai 1995, qui classe les forces de sécurité en trois catégories. La première regroupe la police, la gendarmerie départementale et la garde républicaine. La seconde les CRS et les escadrons de gendarmerie mobile. L'armée n'arrive qu'en troisième et dernière catégorie d'intervention. "Il ne faut pas confondre les actions militaires et les actions de sécurité", insiste-t-on à l'Hôtel de Brienne. " La preuve est le plan vigipirate auquel les militaires ne participent que pour renforcer un dispositif qui mobilise beaucoup de monde au quotidien parmi les autres forces de sécurité". Autre facteur gênant si l'armée doit intervenir : elle ne dispose pas d'officier de police judiciaire pour procéder aux interpellations.
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