Armer les maires contre l'absentéisme scolaire

le 18 novembre 2005 à 16h16 , mis à jour le 18 novembre 2005 à 16h36

Le plan de prévention de la délinquance, concocté par le ministre de l'Intérieur, devrait permettre aux maires d'avoir accès à des informations "sur l'inscription des enfants dans les écoles ou les prestations versées aux familles" par la CAF.

classe_zepUne classe de ZEP dans le XVIIIe arrondissement de Paris

Le ministre de l'Intérieur compte sur les maires pour la réussite du plan de prévention de la délinquance qu'il compte présenter "rapidement". Nicolas Sarkozy souhaite notamment que les maires combattent l'absentéisme scolaire mais, reconnaît-il dans la Gazette des communes, "il faut leur donner la possibilité de centraliser toutes les informations disponibles concernant l'assiduité scolaire des enfants de sa commune."

Le ministre propose par exemple de croiser "des informations sur l'inscription des enfants dans les écoles primaires et maternelles, leur assiduité effective et les prestations versées aux familles". Au maire alors de "convoquer les parents et au besoin de les alerter sur leur responsabilité tant civile que pénale", poursuit le ministre. Les maires pourront aussi "mettre en place une tutelle administrative sur les prestations familiales" en cas de défaillance parentale, "avec un éducateur ad hoc ou une assistante sociale désignée par la Caisse d'allocations familiales".

Pas d'alibi

Interrogé sur les risques pour le secret professionnel des travailleurs sociaux, le ministre répond que ce secret ne devait "pas servir d'alibi à des réflexes corporatistes qui obèrent l'efficacité des actions menées". "Il y a aujourd'hui bon nombre d'enfants qui passent à travers les mailles du filet parce que les professionnels travaillent chacun de leur côté", regrette-t-il.

Nicolas Sarkozy confirme plusieurs autres mesures de son plan : "internats de la réussite scolaire", "études du soir surveillées dans les écoles et les collèges", ... Le ministère souhaiterait qu'un "concours général réservé aux zones d'éducation prioritaires (ZEP)" offre des places en classes préparatoires ou une prise en charge d'internat. Hors aspect scolaire, ce plan prévoit le développement de la vidéosurveillance, la possibilité pour des personnes assermentées (transporteurs, bailleurs sociaux, ...) de "constater" des "incivilités" sur procès-verbal.

Pour Chirac, qui veut peut... même en banlieue

Recevant des lauréats du concours "Talents des cités" qui récompense chaque année des projets élaborés par des jeunes des banlieues, Jacques Chirac s'est félicité vendredi du "formidable élan, dont nous pouvons être fiers, de solidarité, de création, de dynamisme, de générosité, d'énergie dans beaucoup de cités". "On peut y réussir à condition de le vouloir", a estimé le chef de l'Etat, tout en insistant sur le fait que "ces jeunes qui ont décidé de s'engager et de créer leurs entreprises, et qui réussissent, méritent d'abord d'être aidés naturellement, ensuite d'être reconnus et encouragés". Dominique de Villepin a mis en garde vendredi son propre camp contre le risque "d'amalgames" et de "stigmatisation" des habitants des quartiers dits sensibles.

D'après AFP

le 18 novembre 2005 à 16:16
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3 Commentaires

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  • Phil, le 19/11/2005 à 06h25

    Et contre l'absentéisme des profs ils proposent quoi ?

  • Frederic Morel, le 19/11/2005 à 05h26

    D'une maniere generale l'administration devrait enfin etre claire concernant les droits et devoir des citoyens : On respecte les lois et on recoit les allocations, on ne les respecte pas et on ne recoit plus rien. Cette polique fonctionne chez nos voisins (ex : GB) alors que l'Etat arrete de dilapider nos impots pour des gens qui ne jouent pas le jeu.

  • Françoise, le 18/11/2005 à 21h06

    Issue d'une relation adultère avec un père de famille de meilleure condition sociale, je suis restée bâtarde et j'ai été élevée seule par ma mère qui n'avait qu'une une maigre pension d'invalidité. Ma mère mettait un point d'honneur à ce que ma scolarité soit sa fierté dans notre petite bourgade. Mon "père" a accepté d'aider un peu ma mère pour le lycée, à 35 km. Il l'a fait jusqu'en prépa, parce que étudier sur Amiens ne revenait pas si cher que cela. Mais, comme j'ai fait prépa véto, il fallait envisager un logement à Maison-Alfort. Et là, mon père n'a pas suivi. Quant à tous mes professeurs, ils connaissaient parfaitement ma situation à l'état civil, et mon niveau social. Malgré cela, toujours on m'a encouragée dans mon intention d'orientation vers la profession de vétérinaire. J'aurais pu l'être en vivant dans les mêmes conditions d'insalubrité et de promiscuité, si nous avions habité Paris ou la banlieue sud, même dans un mauvais quartier, mais pas à 150 km, scolarisée à plein temps dans une Grande Ecole. Donc, la DISCRIMINATION POSITIVE était possible, mais n'aurait fonctionné à 100 % que si ma mère avait habité au bon endroit. La position géographique du foyer des parents peut donc être un facteur d'échec scolaire. Je suis tout à fait d'accord avec les aides aux enfants/lycéens/étudiants EN FONCTION DU MERITE, et donc également tout à fait favorable à ce que l'on lutte par TOUS LES MOYENS, dès lors qu'ils portent leurs fruits, et ce doit être le SEUL CRITERE, contre l'absentéisme scolaire. En effet, quand on vit dans une société où l'on a des droits et des devoirs, on doit assurer ces derniers pour pouvoir prétendre aux premiers. En clair : enfant unique, donc privée de prestations de la CAF, je n'ai manqué la classe qu'avec justifications médicales, et peu fréquentes. Donc, j'approuve tout à fait (mère de 4 enfants) la surveillance rapprochée de la présence aux cours, et la suppression des avantages sociaux de ceux qui se soustraient à leurs OBLIGATIONS.

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