
La justice va s'efforcer d'identifier les fillettes victimes du ravisseur présumé de la petite Aurélia et de son épouse, après leur mise en examen pour des agressions sexuelles ou viols sur une dizaine d'enfants. L'instruction pourrait durer plusieurs mois. "Il faut laisser le temps aux (deux) juges" d'instruction saisis", a souligné vendredi la procureure de la République Brigitte Angibaud. La "vérité" apparaîtra "au fur et à mesure des semaines et des mois", a-t-elle ajouté.
Dominique G. 36 ans et son épouse Alfréda, 30 ans, ont été placés en détention provisoire dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont été mis en examen pour "viols et agressions sexuelles sur mineures commis en réunion" et "tentatives d'enlèvement de mineures de moins de 15 ans". Le couple encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Concernant Aurélia, 6 ans, enlevée à Jallais (Maine-et-Loire) dimanche et libérée le lendemain, Dominique G. a aussi été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie d'une libération" et "violence avec arme".
Elle gardait des enfants
Le suspect qui résidait avec sa femme à Villedieu-la-Blouère, à 18 km de Jallais, a avoué durant sa garde à vue avoir violé ou agressé sexuellement une dizaine de fillettes âgées, selon lui, de 3 à 12 ans. Son épouse a reconnu avoir été présente lors de ces actes. Des cassettes vidéo et le disque dur de l'ordinateur familial, que Dominique G. a tenté de détruire "à coups de burin", sont en cours d'analyses. "Les cassettes vont aller à l'expertise car les bandes sont altérées", a précisé Mme Angibaud.
"En l'état de l'enquête, les victimes sont issues de leur cercle de relations et les faits se seraient passés essentiellement au domicile" du couple, a indiqué la magistrate. Les enquêteurs n'ont pas évoqué l'existence d'un réseau, Mme Angibaud déclarant qu'ils ont "agi seuls". La femme "proposait à ses relations de garder leurs enfants", sans être une assistante maternelle agréée, a précisé la magistrate.
L'homme, sans emploi et sans antécédent judiciaire, a indiqué avoir "eu envie de petites filles" depuis le début de l'année, et "c'est à cette période là qu'il a commencé à se mettre en chasse", selon la magistrate. "Il n'y a pas en l'état" de lien avec le procès qui avait abouti à la condamnation de 61 personnes à des peines de prison ferme à Angers, a souligné vendredi une source judiciaire interrogée par l'AFP.
Relâchée
L'affaire a démarré dimanche avec l'enlèvement d'Aurélia sous les yeux de sa soeur de neuf ans, alors que les deux fillettes jouaient non loin de leur domicile à Jallais, une commune de 3300 habitants. Le lendemain, la petite fille sonnait à la porte d'un pavillon de la ville voisine de Cholet, apparemment en bonne santé. Son ravisseur l'avait relâchée après l'avoir séquestrée à son domicile.
Dominique et Alfreda G., mariés depuis deux ans et qui vivaient avec deux fillettes dont une issue d'un premier mariage du père, étaient arrêtés 24 heures plus tard. Leurs deux fillettes, dont la plus jeune est âgée de 2 ans, n'auraient pas été abusées, selon les premiers éléments de l'enquête. Elles ont été placées auprès des services de l'aide sociale à l'enfance. Une troisième personne, proche de la famille, a été mise en examen notamment pour "non-dénonciation de crime".
D'après AFP
(Image : l'arrivée du couple au Palais de Justice d'Angers/DR)
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