
Le Premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, était l'un de ceux qui réclamaient avec le plus d'insistance que le chef de l'Etat s'exprime publiquement sur les violences urbaines. Dimanche soir, le PS a été parmi les premières formations politiques à commenter cette intervention très attendue. "Au regard de la gravité de la situation, on attendait du Conseil de sécurité intérieure présidé par le président de la République des décisions qui puissent restaurer la tranquillité et la sécurité", a déclaré le porte parole du parti socialiste Julien Dray. "Pour l'instant nous n'avons droit qu'à des généralités et visiblement il va falloir attendre pour connaître ce que le gouvernement va entreprendre. C'est du temps perdu dans un moment où tous nos concitoyens attendent des actes".
Guère plus satisfait, le Parti Communiste a estimé, après l'intervention du chef de l'Etat, que Jacques Chirac n'avait "pas tiré les enseignements des violences" qui se déroulent depuis onze jours dans les banlieues. Le président de la République a "rappelé que la loi doit avoir le dernier mot. Certes mais malheureusement, en rester là ce n'est pas tirer les enseignements des violences", a estimé le PCF dans un communiqué. "La sécurité de tous doit être assurée et l'ordre rétabli, mais on ne peut pas pourtant faire l'économie des indispensables mesures concrètes pour les quartiers".
"Nicolas Sarkozy a le soutien de l'opinion publique"
Autre cible des critiques de la gauche, qui se sont faites plus virulentes au cours des derniers jours : Nicolas Sarkozy. L'attitude du ministre de l'Intérieur a été de nouveau dimanche l'occasion de joutes oratoires entre le premier secrétaire du PS François Hollande et Brice Hortefeux, le bras droit de Nicolas Sarkozy. François Hollande a jugé "intolérables" les propos du ministre de l'Intérieur : "Pour mesurer la gravité de la situation, pensez aux populations qui vivent dans ces quartiers qui sont les premières victimes. Quand on est ministre de l'Intérieur, on ne peut pas parler comme tout le monde". A quoi Brice Hortefeux a répliqué que "Nicolas Sarkozy a le soutien de l'opinion publique (...), les encouragements du parlement et la confiance du Premier ministre" (Lire Sarkozy garde une bonne image).
Invité dimanche du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Bernard Tapie, ex-ministre de la Ville du gouvernement de Pierre Bénégovoy, s'est pour sa part refusé à critiquer l'action et les propos du ministre de l'Intérieur. "Ceux qui subissent (les violences), je peux vous dire cela les rassure plutôt, que tous ceux qui sont en charge de ce dossier-là appellent un chat un chat", a jugé Bernard Tapie, pour qui Nicolas Sarkozy "sera jugé sur les résultats". "La force qu'on va utiliser pour régler le conflit, ne croyez pas que cela va affaiblir l'Etat et Sarkozy dans les banlieues (...). Si effectivement il règle le problème de la violence aujourd'hui, il ressort grandi et beaucoup plus efficace auprès des gens concernés".
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Photo d'ouverture : Jacques Chirac, dimanche soir sur le perron de l'Elysée - DR
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