© DRTF1.fr : Depuis mercredi, les préfets peuvent instaurer un couvre-feu où ils l'estiment nécessaire. Approuvez-vous cette mesure ?
Claire Brisset : "je n'ai pas de critique spécifique à émettre sur cette décision. Une telle mesure avait été prise il y a quelques années mais seulement pour les mineurs. A ce moment, je trouvais qu'elle ne constituait pas une mesure idéale car visant uniquement les plus jeunes. Et je continue à le penser. Aujourd'hui la situation est différente, la mesure est transitoire. Un couvre-feu provisoire, oui. Je comprends qu'on veuille protéger les enfants. Mais ce n'est pas tout. Il faut absolument réaffirmer le rôle central des parents. C'est à eux de veiller à la sécurité des enfants. Il existe en France, selon les critères, un à deux millions d'enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté. D'une manière générale, il faut prendre des mesures pour lutter contre la pauvreté, la précarité."
TF1.fr : Et votre opinion sur les mesures de prévention annoncées par Villepin ?
C.B. : "La mesure de l'accès à l'apprentissage à 14 ans annoncée lundi me semble très utile. Dans le domaine de l'éducation,, je me félicite que le Premier ministre mette sur le devant de la scène les problèmes éducatifs. Ils sont l'une des racines du problème. Beaucoup de jeunes qui "traînent" dans la rue sont déscolarisés. Certains l'ont été dès 12 ans. Si on peut les "rattraper" en leur proposant une formation par apprentissage plus tôt, c'est une bonne chose."
TF1.fr : Certains reprochent au discours du Premier ministre son manque de dimension humaine...
C.B. : Oui, il n'a par exemple rien dit sur le personnel éducatif. C'est mon grand regret. Dans ces quartiers, il faut envoyer les enseignants les plus chevronnés. Et pour cela il faut revaloriser le métier, les salaires. L'école a une mission d'éducation et pas seulement de transmission du savoir. Et pour bien tenir leur rôle, les enseignants doivent avoir de l'expérience et davantage de moyens. D'une manière générale, tout ceux qui sont en contact avec les mineurs doivent avoir reçu une formation particulière, et notamment en psychologie. Cela concerne aussi bien les enseignants et les éducateurs que les forces de l'ordre. Les policiers envoyés dans les quartiers sensible sont là aussi parfois très jeunes. Je regrette qu'on ait supprimé les emplois-jeunes et baissé les effectifs de police de proximité.
(Claire Brisset/DR)
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