
Les violences urbaines de Clichy-sous-Bois ont fait des émules. Dans la nuit de lundi à mardi, pas moins de 68 véhicules ont été incendiés à Clichy mais aussi à Aulnay-sous-Bois, Bondy, Tremblay-en-France et Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, ainsi qu'à Chelle en Seine-et-Marne. A Sevran, les policiers sont parvenus à empêcher l'incendie des écoles maternelle et primaire Emile Zola. Dix-neuf personnes ont été interpellées à Clichy-sous-Bois et Sevran-Beaudottes. Treize ont été placées en garde à vue.
Les jeunes délinquants ont pris prétexte de la condamnation lundi de trois jeunes hommes à deux mois de prison à la suite de jets de projectiles sur les policiers à Clichy-sous-Bois vendredi. Pour la préfecture, il n'y a pas eu "d'émeutes", lundi soir en Seine-Saint-Denis, mais des "actions de harcèlement" menées par des petits groupes de dix à quinze assaillants. Quelque 400 policiers ont à nouveau été mobilisés à Clichy, où les nuits de violence se succèdent depuis le décès jeudi de deux mineurs, Ziad et Banou, électrocutés dans un transformateur où ils s'étaient cachés lors d'un contrôle de police.
"Respect et justice"
Une centaine de personnes sont restées attroupées jusque vers 23 heures, par petits groupes, dans le quartier des Bosquets, près de la mosquée , à Montfermeil. Une cinquantaine de policiers leur faisaient face, à une centaine de mètres. Entre les deux, une vingtaine de "grands frères" se présentant comme des médiateurs, lançaient sans cesse des appels à l'apaisement. Ils arboraient des affichettes scotchées sur leur T-shirt demandant "respect et justice pour nos enfants et notre culte".
Le tribunal correctionnel de Bobigny a renvoyé au 7 novembre le procès de cinq autres jeunes, soupçonnés d'avoir jeté des pierres et des mottes de terre sur des policiers, vendredi soir à Montfermeil, blessant cinq fonctionnaires. Les accusés ont été placés sous mandat de dépôt en attendant d'être jugés. Treize autres personnes, interpellées samedi et dimanche à Clichy, ont été déférées lundi soir devant le parquet de Bobigny.
| Azouz Begag dénonce la "sémantique guerrière" de Sarkozy |
Dans deux interviews parues dans le Parisien-Aujourd'hui en France et Libération, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, originaire de la banlieue lyonnaise, réaffirme sa désapprobation des termes ("Kärcher", "racaille") employés par son collègue à l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Je conteste cette méthode de se laisser déborder par une sémantique guerrière, imprécise", dit-il à Libération. Dans le Parisien, il fait son "mea culpa". "Ca fait cinq mois que je suis au gouvernement et je n'ai pas été assez incisif, j'ai été trop faible". "A moi de faire le tour des ministres" pour "leur expliquer ce qui se passe réellement dans ces quartiers où l'on souffre", dit-il. "A moi d'aller voir Sarkozy pour qu'on trouve des solutions ensemble, qu'on répare les malentendus, qu'on apaise les passions", ajoute Azouz Begag. |
D'après AFP
(Image LCI : les pompiers interviennent sur un des nombreux incendies de la nuit)
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