Au cours de ce deuxième week-end d'émeutes, des voix s'élèvent, à droite comme à gauche, pour réclamer avec insistance une déclaration publique du chef de l'Etat. Elle vient dimanche soir, à l'issue d'un Conseil de sécurité intérieure sur les violences urbaines. "La République est déterminée à être plus forte que ceux qui veulent semer la violence et la peur", martèle Jacques Chirac. © DRLe chef de l'Etat, depuis le début des violences urbaines qui s'étendent et dont les dégâts vont s'accroissant chaque nuit (lire : Les violences s'amplifient), n'avait pas fait de déclaration publique. Il est sorti de ce silence dimanche soir, après avoir réuni un Conseil de sécurité intérieure sur les émeutes dans les banlieues. Une déclaration brève et ferme au cours de laquelle il a réaffirmé à plusieurs reprises le nécessaire préalable du retour à l'ordre public.
"Nous avons pris un certain nombre de décisions de nature à renforcer la position de la justice et de la police, car la priorité absolue, c'est le rétablissement de la sécurité et de l'ordre public", a indiqué le chef de l'Etat sur le perron de l'Elysée. "Le dernier mot doit revenir à la loi. La République est tout à fait déterminée, par nature, à être plus forte que ceux qui veulent semer la violence et la peur. Ceux-là seront appréhendés et jugés. Nous comprenons bien aussi que l'évolution des choses suppose le respect de chacun, la justice et l'égalité des chances et nous sommes tout-à-fait déterminés à aller dans cette voie et à poursuivre l'effort engagé dans ce domaine." Concluant cette brève intervention, le chef de l'Etat a répété : "Mais il y a un préalable, c'est une priorité, il s'agit du rétablissement de la sécurité et de l'ordre public".
Une déclaration très attendue
Au cours des dernières heures, des voix s'étaient élevées, tant dans la majorité que dans l'opposition, pour appeler le chef de l'Etat à intervenir face à la crise des violences urbaines. "Je voudrais entendre les paroles de Jacques Chirac aujourd'hui (...) Pas simplement de la compassion et un silence gêné: il faut prendre ses responsabilités", lançait dimanche matin le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. La veille, c'était un membre de la majorité, le député UMP Nicolas Dupont-Aignan, qui jugeait Jacques Chirac "étrangement muet".
Les conseils de sécurité intérieure ont été créés en 2002 par Jacques Chirac. Ils se réunissent habituellement une fois par mois pour faire le point de la situation, mais sont convoqués entre ces rendez-vous réguliers, selon la gravité d'une situation donnée. Une telle réunion avait ainsi été convoquée à la suite des attentats meurtriers du 7 juillet à Londres. Habituellement jamais annoncés, ils se tiennent à huis-clos et ne font l'objet d'aucune communication. Celui de ce dimanche rassemblait, aux côtés du chef de l'Etat, le Premier ministre Dominique de Villepin et les ministres de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, de la Défense Michèle Alliot-Marie, de la Justice Pascal Clément, des Affaires sociales Jean-Louis Borloo, des Finances Thierry Breton et du Budget Jean-François Copé, ainsi que le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien.
Copé : "Le message de fermeté commence à être entendu" Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, qui participait dimanche soir au conseil de sécurité intérieure à l'Elysée, s'est exprimé à sa sortie de la réunion sur le plateau de LCI, peu avant que soit diffusée la déclaration de Jacques Chirac. "La priorité absolue, c'est évidemment le rétablissement de l'autorité publique", a-t-il martelé, soulignant que "tout au long de cette crise, nous avons changé par rapport à tout ce qui avait été fait auparavant, notamment à travers le choix de faire des interpellations systématiques". Selon lui, le fait que "l'ensemble de la chaîne pénale fonctionne" est un signal fort à l'égard des fauteurs de troubles. Il a également rappelé la "mobilisation forte" et la "présence sur le terrain" pour lutter contre les violences. "Les interpellations ont été nombreuses et ont marqué les esprits parce qu'elles se sont traduites par des décisions de justice", a-t-il estimé, rappelant qu'outre les forces de l'ordre, "la population s'est mobilisée, par des messages d'apaisement". Selon lui, "le message de fermeté commence à être entendu."
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Photo d'ouverture : Jacques Chirac, dimanche soir sur le perron de l'Elysée - DR
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