© LCILe parquet de Paris a requis jeudi une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins, ainsi qu'une amende de 30.000 euros à l'encontre de Jean-Claude Brisseau. La représentante du ministère public a également requis l'inscription du cinéaste au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS).
La 10e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Viviane Bourgeois, rendra son jugement le 15 décembre dans ce dossier où M. Brisseau, est mis en cause par quatre actrices qui l'accusent d'avoir abusé de sa position de cinéaste pour obtenir des faveurs sexuelles. Les jeunes filles, présentes à l'audience, ont évoqué leur désillusion ainsi que leurs souffrances face à ce qu'exigeait le réalisateur. Au cours d'essais érotiques, parfois plusieurs dizaines pour certaines des victimes présumées, Jean-Claude Brisseau leur demandait notamment de se masturber devant lui, parfois dans des lieux publics. L'une des jeunes femmes accuse en outre le réalisateur de lui avoir glissé un doigt dans le vagin, des faits juridiquement qualifiés d'agression sexuelle. "Je me sentais sur le fil du rasoir", a déclaré l'une d'elles, tandis qu'une autre évoquait le caractère très directif du réalisateur. "J'ai compris que j'avais été sous l'emprise de quelqu'un pendant plusieurs mois", a-t-elle déclaré avant d'éclater en sanglots.
"Pas le couvent des Oiseaux"
"Leur douleur est authentique, sincère et infiniment profonde", a souligné Me Claire Doubliez, l'avocate de deux de ces parties civiles. De son côté, Jean-Claude Brisseau, silhouette massive habillée d'une ample veste noire, longs cheveux gris, s'est défendu rageusement tout au long du procès qui a duré plus de six heures. "Tout ça est destiné à me noircir, systématiquement, de tous les côtés", s'est emporté le cinéaste. S'étranglant parfois de colère, ne tenant pas en place, Jean-Claude Brisseau a expliqué avoir voulu "faire un film sur le rapport entre le plaisir et l'interdit, filmer la montée du désir comme Hitchcock le faisait avec la peur". Ce dossier, "ce n'est pas d'un côté l'ogre et de l'autre, le couvent des Oiseaux (établissement privé de jeunes filles de l'ouest parisien, ndlr), c'est un peu plus compliqué que ça", a plaidé son avocat Me François Blistène.
Photo : le réalisateur à la sortie du tribunal jeudi soir
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