© INTERNELe pire a été évité durant la nuit de jeudi à vendredi en Corse, mais il y a des dégâts. Un engin explosif dont seul le détonateur a sauté a endommagé à Ajaccio la porte de l'appartement d'une famille d'origine maghrébine ; une bombe a partiellement détruit par ailleurs une boucherie orientale. Vendredi vers 1H50, le détonateur d'un engin artisanal, une demi-bouteille d'un mélange nitrate-fioul, a explosé devant la porte de l'appartement d'une famille dans un immeuble qui concentre une forte proportion de familles issues de l'immigration, non loin du centre d'Ajaccio, a expliqué un haut responsable de la police. L'explosion du détonateur a produit un bruit sourd mais n'a pas fait exploser le mélange pour une raison encore inconnue. La porte a été légèrement noircie. Si elle avait explosé, la bombe aurait emporté la porte de l'appartement où dormait un couple et ses enfants adolescents. Vers 4H55, un autre engin a explosé, lui, devant le rideau de fer d'une boucherie orientale appartenant à un Egyptien, dans le centre ville, selon la même source.
Le rideau métallique a été arraché, des gravats ont été projetés un peu partout et une voiture, garée à proximité, a été endommagée. La boutique, située dans un quartier d'habitations, était vide au moment de l'explosion. Les policiers et artificiers ont noté que le ou les personnes qui ont posé la bombe avaient choisi celle des deux entrées du magasin devant laquelle n'étaient pas exposées les bouteilles de gaz que le commerçant vendait. Les deux attentats n'ont été ni signés, ni revendiqués. Les enquêtes ont été confiées par le parquet d'Ajaccio à la police judiciaire.
Un répit de près d'un an
Ils ont été perpétrés alors que la Corse connaît un répit de près d'un an après une série d'attentats à caractère raciste commis en 2004 et visant la communauté maghrébine. Sept de ces attentats avaient été revendiqués par un groupuscule bastiais, Clandestini Corsi, dont les membres, extrêmement jeunes, ont été interpellés à partir de novembre 2004. Seize sont poursuivis dans ce dossier qui avait alimenté le débat sur une montée du racisme en Corse. Le 27 décembre 2004, une bouteille d'acide avait été jetée contre un foyer où résidaient une centaine de travailleurs immigrés à Ajaccio, sans provoquer de dégâts. Le 24 décembre, en plein après-midi, une charge explosive de 5 kg de nitrate-fioul, reliée à une mèche, avait été découverte devant un foyer Sonacotra de la banlieue d'Ajaccio. L'engin n'avait pas explosé.
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