
Jacques Chirac a appelé mercredi en Conseil des ministres à l'apaisement des "esprits" dans les banlieues et affirmé que la loi devait s'appliquer "fermement et dans un esprit de dialogue et de respect". Il a ajouté que "l'absence de dialogue et l'escalade de l'irrespect mèneraient à une situation dangereuse", a indiqué le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé qui rendait compte des propos du président de la République. Le chef de l'Etat a également demandé au gouvernement de faire en Conseil des ministres, "dans un délai d'un mois", des "propositions pour accélérer et renforcer" l'efficacité des mesures en faveur de l'égalité des chances.
Aussitôt après le Conseil des ministres, Dominique de Villepin, qui a annulé sa visite au Canada, a réuni à Matignon, en urgence, une dizaine de ministres "concernés par la mise en oeuvre des actions dans les zones urbaines sensibles". Mercredi après-midi, face aux députés, le Premier ministre est longuement revenu sur la lambée de violences dans les banlieues. "Il n'y a qu'un territoire national sur lequel les lois de la République s'appliquent, il n'y a que des Français égaux en droits qui aspirent tous à la sécurité et à la justice. Les violences dans les quartiers sont un défi pour nous tous", a-t-il déclaré. Le Premier ministre a affirmé vouloir agir dans "le respect des principes républicains", avec "volonté et humanité, détermination et discernement". Mais, la priorité du gouvernement "est de rétablir l'ordre public et de le rétablir sans délai". Il a ajouté pouvoir "compter" sur le ministre de l'Intérieur
Chirac souhaite des éclaircissements
Les échauffourées et incendies de voitures, qui depuis cinq jours se déroulent en Seine-Saint-Denis, se sont étendus dans la nuit de mardi à mercredi à au moins trois autres départements de la région parisienne (voir notre article). M. Chirac a souhaité que "les résultats des enquêtes sur les circonstances du décès dramatique" des deux jeunes, Zyed Benna et Bouna Traore, "soient connus au plus vite. C'est essentiel". Il a aussi estimé "indispensable d'élucider les circonstances dans lesquelles la mosquée de Clichy a été atteinte par une grenade lacrymogène et d'en tirer toutes les conséquences".
"Puissants moyens d'agir"
Il a d'autre part demandé que "tout soit mis en oeuvre pour que les auteurs de l'ignoble assassinat" d'un quinquagénaire jeudi à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) "soient sanctionnés comme ils le méritent". Le président de la République a affirmé que "nous devons agir en nous fondant toujours sur les principes qui font notre République: chacun doit respecter la loi; chacun doit avoir sa chance". "Il ne peut pas exister de zone de non-droit en République et il revient aux forces de l'ordre, qui agissent au service des Françaises et des Français dans des conditions souvent très difficiles, de faire appliquer la loi et de garantir à chacun le respect et la sécurité", a dit M. Chirac.
(Chirac/archives/DR)
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