
"Aux alentours de 18H15, la mosquée de Carpentras a fait l'objet du jet de deux engins incendiaires artisanaux. Seul l'un d'entre eux a pris feu et légèrement endommagé le porche d'entrée", a indiqué au cours de la nuit de vendredi à samedi le sous-préfet de permanence du Vaucluse, Xavier Daudin-Clavaud. Selon une source policière, ces cocktails Molotov ont été lancés dans l'enceinte de la mosquée mais à l'extérieur du bâtiment, dont un mur a été noirci. "Une vingtaine de fidèles se trouvaient à l'intérieur, dont le président de la mosquée Mohamed Elad. Aucune victime n'est à déplorer et le culte interrompu brièvement a repris après les premiers constats effectués par la police", a précisé M. Daudin-Clavaud.
Cet acte a été rapidement condamné dès vendredi soir. Jacques Chirac a "condamné avec la plus extrême fermeté" cette agression dans un communiqué. Le président de la République "tient à exprimer toute sa solidarité avec la communauté musulmane de la ville et l'assure que toute la lumière sera faite sur les circonstances de cette agression et que les auteurs seront appréhendés et punis". Dominique de Villepin a tenu des propos identiques. Peu auparavant, Nicolas Sarkozy, avait dénoncé une "agression aussi indigne qu'inacceptable". "En ces instants, je veux exprimer ma solidarité, et celle des autorités de la République, à l'égard des musulmans de Carpentras", a ajouté M. Sarkozy.
Le préfet de Vaucluse Hugues Parant a également exprimé samedi le "soutien" de l'Etat à la communauté musulmane de Carpentras. Les condamnations de cette attaque ont continué dans la journée, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo témoignant à son tour de sa "solidarité" avec la communauté musulmane, tout comme le Parti socialiste et le PCF. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, a dénoncé "les provocations qui continuent à troubler les lieux de culte musulmans" tandis que SOS Racisme a parlé "d'incitation à la haine raciale".
De source policière, on invitait toutefois à la plus grande prudence sur les motivations de cet acte, soulignant qu'aucun élément ne permettait d'accréditer la thèse d'un acte xénophobe ou à caractère politique. Des responsables musulmans locaux restaient également très circonspects sur une telle éventualité, préférant évoquer un "acte isolé" de "provocation". L'enquête a été confiée par le procureur de Carpentras à l'antenne avignonnaise du SRPJ de Montpellier. L'auteur présumé des faits, "poursuivi par deux témoins, fait l'objet de signalements concordants", a précisé la préfecture dans un communiqué.
Chapelle vandalisée : Nicolas Sarkozy exprime son indignation Le ministre de l'Intérieur a fait part samedi de son "indignation" après des actes de vandalisme contre une chapelle à Houdain (Pas-de-Calais) et assuré les fidèles de sa "tristesse et de (sa) solidarité", dans une lettre à l'évêque d'Arras. Dans sa lettre à Mgr Jean-Paul Jaeger, Nicolas Sarkozy déclare "que tout sera fait pour identifier et déférer à la justice les auteurs de cet acte". Plusieurs vitres de cette chapelle construite par des mineurs polonais dans les années 1960 ont été brisées dans la nuit de jeudi à vendredi par des jets de pierres et de bouteilles vides. Les auteurs ont ensuite pénétré dans l'édifice et renversé l'orgue, selon la police qui a cependant affirmé qu'"aucune profanation n'a été constatée et aucun vol n'a eu lieu".
Retour MYTF1
Chargement en cours...





