© DRIls ont commencé à parler. Le ravisseur présumé de la petite Aurélia et sa compagne, entendus mercredi matin à la gendarmerie de Beaupréau (Maine-et-Loire), ont relaté aux gendarmes les circonstances de l'enlèvement. L'homme a révélé qu'il n'avait pas prémédité l'enlèvement de la fillette qu'il a finalement libérée parce que la pression "n'était plus supportable". Le suspect et son épouse qui, pour l'instant n'ont pas affiché de remords, selon le procureur, "étaient arrivés à un niveau de pression qui n'était plus supportable. Ils se sont sentis acculés".
Transportée dans un sac
La procureure d'Angers Brigitte Angibaud a rapporté lors d'une conférence de presse les propos du ravisseur présumé âgé de 36 ans. Tout aurait commencé lors d'une dispute dans le couple. L'homme part s'acheter des cigarettes. Sur le chemin du retour il aperçoit dans la rue deux filles qui se dirigent vers un parking. Il fait demi-tour. Il essaye de les kidnapper. La plus grande se débat, il ne peut en enlever qu'une : Aurélia. La petite fille dans sa voiture, il s'arrête dans un bois, sort de son coffre un sac de sport, y met Aurélia puis rentre chez lui.
A son domicile, il ouvre le sac devant son épouse. Dans la soirée de dimanche, "il y a eu une scène constitutive de violences", a raconté la procureure qui l'a qualifiée de "douloureuse". Et de préciser que l'homme avait "utilisé l'enfant comme un objet". Aurélia a été à deux reprises enfermées seule dans une chambre. Après l'enlèvement, l'homme aurait coupé ses cheveux et se les aurait teints. Il aurait commencé à se débarasser de différents éléments qu'aurait touchés Aurélia : matelas, jouets, tapis de voiture. La compagne et les deux filles du ravisseur présumé étaient avec lui quand Aurélia, encore transportée dans un sac de sport, a été relâchée à Cholet lundi soir.
Destruction de preuves
Le ravisseur présumé de la petite Aurélia sera présenté jeudi au juge d'instruction d'Angers chargé de l'enquête, en compagnie de sa compagne et deux autres femmes, placées en garde à vue mercredi. Le couple risque 20 ans de prison. "Deux autres personnes sont actuellement en garde à vue", soupçonnées notamment de non-révélation, a indiqué la procureure. Il s'agit d'une femme qui, "le mardi après-midi, alors qu'elle prenait le café" chez le ravisseur présumé et sa compagne, "a appris qu'Aurélia était présente au domicile", n'a rien signalé et a aidé à faire disparaître des preuves. L'autre personne gardée à vue est une femme qui "a appris qu'Aurélia était dans la maison et n'a rien signalé", a ajouté le procureur. Toutes deux encourent trois ans de prison.
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