© DRLes socialistes, pour la première fois depuis le début de la crise des banlieues, se sont ouvertement désolidarisés mardi du gouvernement en votant contre la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence, estimant que l'heure devait être à "l'apaisement". Les députés ont voté la prorogation dans la soirée par 346 voix, contre 148 et 4 abstentions. Le projet de loi sera examiné mercredi au Sénat.
"Urgence sociale"
Mardi dernier, le bureau national du PS avait jugé ne pas devoir prendre position sur cette mesure, "de la responsabilité du gouvernement" disait-il, s'en remettant à "la libre appréciation" de ses élus dans les communes concernées par les violences. Le PS ne voulait pas mettre ses maires en porte-à-faux, en première ligne dans la gestion de la crise.
"Nous n'avons pas à prendre des mesures d'exception alors que la violence recule", affirmait le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone. Selon le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault, il faut "aujourd'hui donner un signe d'apaisement et d'espoir" aux banlieues et se préoccuper de "l'urgence sociale" en apportant des réponses sur ce terrain-là.
"Une vraie convergence de vues" s'est dégagée sur cette ligne mardi matin lors de la réunion du groupe, qui s'est "très bien passée", a rapporté un témoin. Seul le député-maire d'Evry Manuel Valls n'a pas exprimé d'hostilité à la réponse gouvernementale. Tous les autres élus confrontés aux violences se sont déclarés contre le maintien de l'état d'urgence.
A l'unisson de leurs collègues du Palais-Bourbon, les sénateurs PS se sont aussi prononcés contre la poursuite de l'état d'urgence, par "consensus", selon le président du groupe Jean-Pierre Bel. Dès lundi soir, M. Ayrault avait annoncé qu'il recommanderait aux députés de voter contre. Cette prise de position s'était dessinée en pointillé lors d'une conversation dimanche entre le député-maire de Nantes et le premier secrétaire François Hollande, selon une source informée au PS.
Les socialistes estiment que "la fermeté républicaine" doit s'exercer contre les fauteurs de troubles et récusent tout "angélisme", a rapporté un proche de M. Ayrault. Mais ils jugent la prorogation de l'état d'urgence "disproportionnée", selon le mot d'Arnaud Montebourg. C'est "inutile et peut-être même inefficace", selon M. Bel.
D'après AFP
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