© INTERNELe gouvernement s'est réuni lundi matin en Conseil des ministres pour prolonger l'Etat d'urgence au delà des 12 jours fixés dans la loi du 3 avril 1955. Le projet de loi étudié prévoit de prolonger cette disposition pour une durée de trois mois. Jacques Chirac a qualifié cette prolongation de "mesure strictement temporaire qui ne s'appliquera que là où elle est strictement nécessaire et en plein accord avec les élus", a déclaré le porte-parole du gouvernement Jean-françois Copé.
Le projet de loi sera examiné dès mardi après-midi par les députés, a indiqué la présidence de l'Assemblée nationale. Le débat commencera à 16H30 après la séance des questions. Le texte devrait ensuite être examiné mercredi après-midi au Sénat. La date de l'examen par les sénateurs sera fixée formellement mardi en fin de matinée. Cette mesure exceptionnelle, jamais appliquée dans l'Hexagone depuis la guerre d'Algérie, avait été décrétée le 8 novembre.
"La loi d'exception n'est pas l'instrument majeur du retour au calme" (PS)
"C'est une bonne décision (...) Le retour à l'ordre républicain est un préalable indispensable. Les UMP font confiance au gouvernement pour le rétablir", a estimé le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, se félicitant d'une mesure "réaliste et adaptée aux circonstances exceptionnelles" que connaît la France. Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a indiqué que son parti ne voyait pas "à ce stade pourquoi prolonger" l'état d'urgence et le couvre-feu, en soulignant que "la loi d'exception n'est pas l'instrument majeur du retour au calme". Quant au PCF, il a jugé "que le coeur de la solution serait de décréter l'urgence sociale".
L'entourage du Premier ministre a fait savoir par ailleurs lundi dans l'après-midi que Dominique de Villepin recevrait mardi à 14H à Matignon les présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat pour une "réunion d'information" sur la prorogation de l'état d'urgence. Marie-George Buffet, secrétaire national du PCF, ainsi que les présidents des groupes parlementaires communistes au Sénat et à l'Assemblée nationale, ont annoncé leur décision de ne pas s'y rendre et de tenir devant l'Hôtel Matignon, une demi-heure avant la réunion, une conférence de presse pour expliquer leur choix.
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