
Alors que le chef de l'Etat français s'apprête à fêter mardi son soixante-treizième anniversaire, un sondage publié dimanche dans Le Parisien-Aujour'hui en France vient une nouvelle fois ébranler sa stature.
Selon le CSA, auteur de l'étude, 72% des français considèrent qu'il a "une "faible influence" sur ce qui se passe en France, 25% le créditant d'une "influence forte" et 3% ne se prononçant pas (NSPP). 60% pensent que l'influence du chef de l'Etat est faible en Europe (36% d'un avis inverse, 4% NSPP). Dans le reste du monde, 66% croient son influence "faible", 30% pensant le contraire (4% NSPP).
Fallait-il un exemple pour illustrer ce dur sondage? François Bayrou, le président de l'UDF, s'en est chargé en reprochant dimanche à Jacques Chirac de s'être "effacé lui-même" durant les trois semaines de crise dans les banlieues. "On aurait dû avoir un président de la République en première ligne, c'est même ça la Vème République : un président de la République qui porte la vision et le projet, et qui assume les crises les plus lourdes sans les faire assumer par d'autres", a estimé le leader de l'UDF sur Radio J. "Il s'est effacé lui-même, et nos institutions (...) n'acceptent pas l'effacement du président de la République", a-t-il affirmé.
A sa suite, François Hollande, premier secrétaire du PS, s'est refusé sur Europe 1 à commenter les "faits et gestes de Jacques Chirac", car "ça n'a plus aucune importance". Le député-maire de Tulle a accusé le chef de l'Etat d'avoir "inauguré, installé une présidence passive, c'est-à-dire une présidence verbale, où on se comporte comme un candidat et on n'agit jamais comme un chef de l'Etat". Dénonçant une "stratégie de défausse insupportable", il a appelé à "solder la période Chirac". Pour lui, "il s'agira, en 2007, de rompre avec le chiraquisme, une conception de la République qui consiste à utiliser l'Etat et à ne jamais en être responsable, à promettre et ne jamais tenir, à être chaque fois à l'arrière de la scène quand il se produit quelque chose et à l'avant quand il y a une compassion ou un compliment à faire".
*Sondage réalisé le 23 novembre par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 971 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas, stratification par région et catégorie d'agglomération).
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