© INTERNELa question de la police de proximité, voulue par la gauche dans les années 90 mais supprimée par la droite au nom de la "culture du résultat", est de nouveau posée avec acuité par l'explosion de violence en banlieue parisienne. Elle s'est même invitée lors de la présentation, mercredi soir, du budget des missions "sécurité" par Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie. Accusé par Christophe Caresche d'avoir supprimé cette fameuse "police de proximité", le ministre de l'Intérieur a répliqué qu'une "police qui dit 'bonjour' le matin aux commerçants est dehors alors que les voyous n'y sont pas. Une véritable police de proximité, a-t-il dit, est une police qui ne fait pas de relation publique, mais qui est présente en même temps que les voyous, qui les arrête".
Des voix s'élèvent pourtant de plus en plus nombreuses pour réclamer son rétablissement. Le maire socialiste de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, comme celui UMP de Montfermeil, Xavier Lemoine, ont souhaité ces derniers jours retrouver "une police de proximité efficace". "La première chose que j'ai demandée à Nicolas Sarkozy, a déclaré le maire de Montfermeil, c'est de nous donner les moyens de retrouver une police de proximité efficace telle qu'on l'avait connue à une époque, avant 2002. Ça avait donné d'excellents résultats".
Une police pour "faciliter le vivre ensemble"
Les élus ne sont pas les seuls à réclamer ce retour de la police de proximité. Nombreux sont les acteurs sur le terrain, comme le père Delorme, un prêtre qui intervient dans la banlieue lyonnaise, à y être aussi favorables. Le syndicat UNSA-police a demandé mercredi soir que "la police de proximité soit rétablie de façon à faire de nouveau de la prévention dans les cités". Le secrétariat national du PS a aussi pointé "la suppression de la police de proximité, la diminution des effectifs policiers dans les banlieues et la saturation de la justice" comme causes des violences qui se sont déchaînées dans les banlieues depuis une semaine.
"La police de proximité, rappelle Sébastian Roché, chercheur au CNRS, auteur d'un livre publié cet automne et intitulé "Police de proximité", a été voulue par Lionel Jospin pour transformer l'approche de la police en direction des banlieues sensibles". Lancée au colloque de Villepinte en octobre 1997, cette police était censée lutter contre la petite et moyenne délinquance dans les quartiers sensibles avec des équipes de gardiens de la paix polyvalents chargés à la fois du recueil et du suivi des plaintes, de l'îlotage mais aussi de la répression à l'échelle d'un petit territoire. "Il s'agissait avant tout, souligne Sébastian Roché, de faciliter le 'vivre ensemble' ".
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