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François Hollande
Le Premier secrétaire du PS apparaît comme le grand vainqueur du Congrès du Mans. Très affaibli par 18 mois de batailles européennes et la victoire du non le 29 mai, il a réussi une gageure qui apparaissait impossible à tenir dix jours plus tôt : obtenir la fameuse " synthèse " entre les différents motions du PS. En réussissant in extremis l'union avec Laurent Fabius et le trio Peillon-Emmanuelli-Montebourg, animateurs du courant "Nouveau parti socialiste" (NPS), le député-maire de Tulle a montré une nouvelle fois ses talents de négociateur. "Il n'y a pas d'espace aujourd'hui pour ceux qui ne privilégient pas la responsabilité et l'unité. A cet égard, le congrès du Mans tourne la page de quinze mois de divisions", a jugé Harlem Désir, un de ses proches. Conscient de la mauvaise image du parti, personne n'a osé se mettre en travers de la voie du rassemblement que François Hollande a quasiment imposée à sa majorité dans les dernières heures. Toutefois, même si tous les observateurs ont relevé un changement de climat entre les présidentiables du parti au Mans, bien des doutes subsistent sur la sincérité de ce "racommodage" de dernière heure.
Laurent Fabius
Parvenu à maintenir ses positions (21,2% du parti) au terme du vote des militants, Laurent Fabius tire lui aussi le meilleur parti de ce Congrès. En acceptant la " paix armée " voulue par François Hollande, il est sorti de son statut d'opposant interne, peu enviable pour un candidat quasi déclaré à l'investiture pour 2007. Selon la plupart des congressistes, Laurent Fabius, très applaudi dans une salle où ses supporters étaient minoritaires, a réussi son intervention. Son ton très offensif a plu aux 4.000 congressistes. Prenant des accents de tribun, il a exhorté la gauche à "ne pas laisser passer son tour" en 2007 et à incarner "l'espérance".
Le PERDANT
Arnaud Montebourg
Le Nouveau parti socialiste (NPS) sort divisé du congrès du PS, et l'un de ses fondateurs historiques, Arnaud Montebourg, est placé dans une situation délicate, après la signature d'une synthèse des motions, y compris celle de son mouvement. "La synthèse empêche tout débat", a assuré le député de Saône-et-Loire, "elle s'est faite à vil prix, et fait peu de cas de nos réflexions". Très amer, reconnaissant un "désaccord", il a manifesté la crainte que cette motion de synthèse "empêche son courant d'enrichir le parti de nos idées": "nous serons en permanence paralysés par cette immense direction unanimiste", a-t-il estimé.
Les DISCRETS
Dominique Strauss-Kahn
L'ancien ministre de l'Economie a certes livré brillamment un duel à distance avec Laurent Fabius pendant 48 heures. Samedi après-midi, les deux rivaux ont en effet profité de leur passage à la tribune pour exposer leurs programmes et tenter de se neutraliser. Mais le député du Val d'Oise, qui veut croire que ses idées donnent "l'axe de la majorité", voit aujourd'hui, avec la synthèse, son identité quelque peu diluée dans un rassemblement général. "Il faut certes présenter un visage uni mais il y a des clivages de fond qui ne sont pas tenables", a affirmé ainsi à Reuters Clément Sellier, un militant de Socialisme et démocratie, le courant de Dominique Strauss-Kahn.
Ségolène Royal
Malgré des sondages dithyrambiques, la compagne de François Hollande n'est pas montée à la tribune au Mans. Portée par l'opinion et assaillie par les médias dès son arrivée, Ségolène Royal s'est gardée de tout commentaire sur la présidentielle de 2007, affirmant que "ce n'était pas le sujet" du congrès. Interrogé sur cette "Royalmania", Laurent Fabius, lui aussi candidat à la candidature, a répondu à la presse : "ça m'inspire beaucoup d'amitié".
Lionel Jospin
L'ancien Premier ministre a lui été le grand absent du Congrès du Mans. Alors que son ouvrage se vent bien en librairie, il a dû regarder devant la télévision les présidentiables du PS faire l'union et la synthèse.
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