PS : les 72 heures du Mans

le 17 novembre 2005 à 08h00 , mis à jour le 18 novembre 2005 à 16h13

Le congrès du Parti socialiste s'est ouvert vendredi au Mans pour trois jours. François Hollande et Laurent Fabius, les frères ennemis, veulent que cette réunion permette "de parler aux Français, de faire des propositions et de montrer nos convergences".

[Expiré] [Expiré] PS congrès Le Mans © AFP/FRED DUFOUR

Ni déchirements ni réconciliation générale : ainsi se présentait jeudi à la veille de son ouverture le congrès du PS au Mans, que François Hollande comme Laurent Fabius veulent voir "tourné vers les Français" et offensif, dans la proposition comme dans la critique de la droite.

Cette réunion de trois jours se tient dans un climat très particulier : placée sous le régime de l'état d'urgence, la France vient d'être secouée par une grave crise dans "les quartiers sensibles", dont les dirigeants de la droite sortent avec une popularité apparemment renforcée, selon des sondages à chaud. Le PS, lui, apparaît en perte de vitesse devant le scepticisme des Français sur ses capacités à gagner l'élection présidentielle et à gouverner mieux que la droite. Ce contexte défavorable pousse les dirigeants des différents courants à mettre en sourdine leurs querelles internes, souvent très vives depuis l'ouverture du débat sur la Constitution européenne il y a plus d'un an.

Eviter une marginalisation

Le premier secrétaire François Hollande est sorti vainqueur du vote des adhérents pour le congrès, qui lui a donné une majorité absolue (53,6%), Laurent Fabius recueillant 21,17% derrière le Nouveau Parti socialiste (NPS) à 23,54%. Au cours d'un entretien, le premier depuis bientôt un an, François Hollande et Laurent Fabius sont tombés d'accord pour "préparer de manière pluraliste", c'est-à-dire avec toutes les sensibilités du PS, le projet du parti et la désignation de son candidat à l'Elysée en 2007.

Ces deux points sont essentiels pour Laurent Fabius, soucieux d'éviter une marginalisation à laquelle pourrait conduire son maintien dans l'opposition, alors qu'il ambitionne de porter les couleurs du PS à l'élection présidentielle.

François Hollande s'est félicité jeudi de "l'esprit d'ouverture, de rassemblement et de responsabilité" qui a présidé à l'entrevue avec son ex-numéro deux. Les frères ennemis du PS veulent tous deux que le congrès du Mans permette "de parler aux Français, de faire des propositions et de montrer nos convergences", selon François Hollande. 'Lieutenant' de Laurent Fabius, le député Claude Bartolone a souhaité un congrès "tourné vers les Français".

"Un congrès qui ait de la tenue"

Les congressistes devraient voter à l'unanimité "une adresse aux Français" condamnant la politique gouvernementale dans les banlieues et proposant une politique alternative à cet égard, selon François Rebsamen, numéro 3 du PS. Le même état d'esprit anime le NPS (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli) qui, sans rien renier de ses positions, est tombé d'accord avec le numéro un socialiste, lors d'une entrevue, pour "faire un congrès qui ait de la tenue", dit-on au NPS.

Rejouant un classique des congrès socialistes, chacun des trois courants se dit prêt à une motion de "synthèse", mais n'y met pas le même contenu. Pour François Hollande, le rassemblement des socialistes doit se faire autour de la motion de congrès, puisqu'elle est majoritaire, et "sans la dénaturer". Laurent Fabius souhaite "l'amender": affirmation de "l'opposition frontale" à la droite", "prise en compte" du vote majoritairement hostile de l'électorat de gauche à la Constitution européenne lors du référendum du 29 mai. C'est avec le NPS que les difficultés sont les plus grandes. Il réclame, sur des points très précis (Europe, pouvoir d'achat, institutions), "une réorientation à gauche" que le numéro un socialiste n'est pas prêt à consentir.

Or, estime François Hollande --les trois courants du parti sont au moins d'accord là-dessus--, ou le rassemblement sera celui de tous les socialistes, ou il ne sera pas. "Si une synthèse est possible, elle ne peut être que générale", a-t-il dit.

(PHOTO AFP/FRED DUFOUR)

le 17 novembre 2005 à 08:00
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